Monday, February 21st 2011
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Appel à contribution : L’acteur au 19e siècle : une figure héroïque.





Sarah Bernhardt
Sarah Bernhardt
Colloque organisé par l’UMR LIRE (Lyon II, ENS de Lyon, CNRS 5611), l’équipe d’accueil 4160 Passages XX-XXI (Lyon II) et l’Institut des Arts (ENS de Lyon), les 29-30-31 mars 2012 à l’Université Lyon II, à l’ENS de Lyon et au Théâtre des Célestins.

Equipe d’organisation : Anne Pellois (ENS de Lyon LIRE), Mireille Losco-Lena (Lyon II, Passages XX-XXI), Olivier Bara (Lyon II LIRE).

Comité scientifique :
Olivier Bara, Martin Barnier, Mireille Losco-Lena, Florence Naugrette, Anne Pellois, Romain Piana, Jean-Loup Rivière, Jean-Claude Yon.

Ce colloque se donne pour objectif d’étudier la figure de l’acteur au 19e siècle comme figure héroïque, à la fois d’un point de vue théâtral, à travers l’évolution de l’interprétation des personnages héroïques, mais également d’un point de vue sociologique et politique, à travers son inscription dans la société de son temps.

La figure de l’acteur au 19e siècle est loin d’être absente des publications et des travaux actuels, mais elle est traitée le plus souvent sous forme de monographie. Parmi les publications les plus récentes, on peut citer l’ouvrage de Bruno Villien et les travaux de Florence Filippi sur Talma, de Sophie-Aude Picon sur Sarah Bernhardt, ou d’Anne Penesco sur les frères Mounet. Lorsqu’une démarche plus transversale est adoptée, la perspective est fréquemment sociologique, soit à travers l’étude de l’ensemble de la catégorie des comédiens, comme le fait par exemple Christophe Charle, soit à travers l’étude d’une partie de la population des artistes de théâtre, avec une forte prédilection pour le versant féminin de la profession, plus riche en représentations, anecdotes et documents, comme le font par exemple Sylvie Jouanny ou Anne Martin-Fugier. Enfin, quelques ouvrages et travaux adoptent une perspective technique et artistique, comme par exemple Julia Gros de Gasquet dans son ouvrage consacré à l’évolution de la diction tragique du 17e au 20e siècles.

Ce colloque se propose de mettre en perspective des personnalités souvent étudiées de manière monographiques (de Talma à Mounet-Sully, de Melle Mars à Rachel, ou de Marie Dorval à Sarah Bernhardt) et de parcourir l’ensemble du 19e siècle, afin de questionner la question des relations entre l’acteur et la notion d’héroïsme, soit lorsqu’il est question de la relation de l’acteur avec son personnage, soit lorsqu’il s’agit de rendre compte de l’engagement politique ou social de l’acteur. De la naissance de la vedette à l’avènement de la mise en scène, de Talma à Antoine et Lugné-Poe, on interrogera la signification de l’engouement du public français pour la vedette, non seulement dans le domaine strictement théâtral, notamment dans les relations instaurées avec la mise en scène ou par les liens tissés avec les autres domaines artistiques (peinture, musique, sculpture et, à la toute fin de la période, avec le cinéma et la photographie), mais également au sein de la société à laquelle elle appartient. Ainsi, on se demandera si l’acteur n’apparaît pas au théâtre comme la figure héroïque que les mutations politiques, sociales et idéologiques du pays rendent progressivement absente ou problématique sur la scène de l’Histoire. Dans la mesure où, du drame romantique au drame naturalo-symboliste, de telles mutations trouvent un écho dans les écritures dramatiques du 19e siècle, il sera judicieux de se questionner aussi sur la relation de la vedette au répertoire théâtral. Un lien peut-il s’établir entre l’acteur (ses pratiques et ses représentations), les écritures dramatiques et l’Histoire.

L’on abordera la question en privilégiant deux types de matériaux. L’on s’interrogera d’une part sur la signification esthétique, sociale, culturelle du jeu et des pratiques de l’acteur tel qu’il les expose et (se) les représente, à travers les mémoires, la correspondance, les arts théâtraux ou l’exercice d’une « dramaturgie » effectuée par les acteurs eux-mêmes. En questionnant d’autre part les représentations de l’acteur dans la presse, les comptes rendus de spectacles, les témoignages et l’iconographie, on dégagera le sens de cette figure de l’acteur : ce qu’il représente dans le domaine théâtral et artistique bien sûr, mais aussi dans l’espace social où il prend une envergure singulièrement colossale, dont l’expression « monstre sacré » rend compte. Tout au long du 19e siècle, pratiques et représentations de l’acteur construisent une figure d’acteur dont nous voudrions dégager le sens en la confrontant avec la notion d’héroïsme.

Quatre axes d’étude ont été retenus :

1. L’acteur dans l’Histoire
Ce premier axe voudrait étudier l’acteur dans l’Histoire, et examiner les modalités d’inscription de l’acteur dans son époque, dans un 19e siècle secoué par les révolutions successives. Il s’agira de voir comment la figure de l’acteur engagé ‘ par exemple Talma dans la révolution de 1789 et auprès de Napoléon, Bocage dans celle de 1848, Sarah Bernhardt lors du siège de Paris en 1870 ‘ telle qu’elle est construite par la presse ou par l’acteur lui-même, participe ou non d’un processus d’héroïsation.

2. L’incarnation héroïque
Le deuxième axe souhaiterait mettre en lumière des mutations dans la rhétorique du geste héroïque à partir de l’évolution des techniques de jeu et de mise en scène. La relation de l’acteur à son rôle, question incontournable de tous les écrits qui s’intéressent à la technique de jeu, la réflexion sur les costumes, sur la gestuelle et sur la voix, abordent nécessairement la question de l’interprétation du héros ou de l’héroïsme, en rupture avec une tradition par rapport à laquelle l’acteur se positionne, la plupart du temps dans le but de la modifier voire de la surpasser.

3. Les représentations de l’acteur en héros
Ce troisième axe souhaiterait mettre en regard un certain nombre de représentations de l’acteur en héros dans la peinture, la littérature, la presse, les ouvrages de spectateurs, mais aussi dans les écrits des acteurs eux-mêmes, notamment les Mémoires, qui proposent souvent une forme de monument à sa propre gloire. Ces représentations, étudiées comme de véritables constructions, façonnent une image de l’acteur qui ne coïncide pas nécessairement avec la réalité, mais qui dit nécessairement quelque chose sur ce que l’acteur représente ou veut représenter, que ce soit dans l’art ou dans le monde.

4. Mises en crise
Dans ce dernier axe, il s’agit à la fois d’examiner l’invention de nouveaux types de héros tout au long du siècle, de l’anti-héros que pourrait constituer Robert Macaire à la fin des héros que signe pour Christophe Charle le naturalisme. La représentation de l’acteur en héros semble être mise en crise à la fin du siècle par les acteurs eux-mêmes, les auteurs, mais aussi l’apparition du metteur en scène, à mesure que le personnel dramaturgique évolue, des êtres plus surhumains de la tragédie aux hommes de tous les jours du drame.

Les propositions de communication (300 mots maximum, format rtf), accompagnées d’une courte biographie (150 mots) sont à envoyer pour le 30 mai aux personnes suivantes :

Anne Pellois, anne.pellois@ens-lyon.fr
Mireille Losco-Lena, mireille.losco@univ-lyon2.fr
Olivier Bara, olivier.bara@univ-lyon2.fr

sc - Dramatica



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