Wednesday, December 11th 2013
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Dix variations sur les formes de l'intranquilité





I

(c) Sabine Chaouche
(c) Sabine Chaouche
Cela est
Cela ne varie guère
Tension et
lassitude

Les papiers bleus
Vétustes se décollent des murs
Et le sale teinte les journées
De part et d'autre

Immobilité
tout
n’est
qu’immobilité
Jusqu’aux
battements
De son cœur

Figée l’existence plie
Au monotone tic tac
Se plie et se replie:
Cocotte de papier

Cela est
Cela ne varie guère
Cela reste tel quel

Sans déploiement
Juste rétrécissement
Constance
Vers le néant
Visage se creuse
Prend pliure
Froissé disloqué
Au tout dedans

Cela est
Mais ne lui ressemble guère
Pourtant
Pourtant il reste
Là en lui
A ne rien faire

II

Boulevard désert
L’après-midi coule
un peu trop lisse
J’imagine que…
Dans le lointain le silence meurtri
Quelques enceintes gémissent gémissent

III.

Trois mille jours égarés
Dans mes Sahara j’ai appris
L’intranquillité - celle des désaxés
Traversant d’un pas irrégulier
Leur propre no man’s land

IV

Je suis
Solitaire au fond de moi-même
Par refus de je ne sais quoi
De je ne sais qui
Et j’entends la musique
Quelques notes en partance
Hors de moi-même
Je les saisis au passage
Afin de me transcrire

V.

Sais-tu ce qu’est l’absence
L’interminable inassouvi des désirs
Se silhouettant en un recoin
Ton esprit s’avançant rageur
Pour t’entredéchirer

Ses pas pesants
innervent tes sables
mouvants
Et ces poussières de peine
Autrefois dispersées
par le temps
Il les traîne rassemblées dans son sillage
Entends-tu le cri du...

Sais-tu ce qu’est l’absence
L’interminable inassouvi des désirs
Se silhouettant en un recoin de ton esprit ?

VI

Le cœur en ses douleurs verso de l’avant
Recta version des poisons, ses leurres l'écoeurent

Souvent à la tombée des souvenirs à l’appel
Des reflux le néant émerge nûment
Sur sa vacance s’absorbe les nuances du jour
Il suffit d’ouvrir un peu… de laisser couler
Et les vannes noient le face
à face
à soi
Vite moi fait place à lui,
Moi lui fait belle place

Le cœur en ses terreurs verso des romances
Recto vers obsession, les erreurs se pleurent

Le cœur en ses noirceurs verso de la vie
Reste d’aversion, profondeur en déraison
C'est là que tout se meurt

VII

Les déchirures sont des temps morts
où s’en va et vient la vie

Les errances où s’engloutit le rêve
argentent Imaginaire d’ombres émouvantes
Les espérances sont des avents où se love la lune
qui amuse Inconscient taquinant plume et vers
Les afflictions, fêlures où rit Mélancolie
flattent Eros de leurs griffes femelles
Les déceptions ces fumées où souffle le spleen:
On y grelotte dans la cave des séquelles

VIII

C’est un entre-deux
Un point d’absence
Un fossé
Où l’être croupit
Disjoncté de sa réalité

L’attente monte
Des ses graves vibrations
Naît lassitude
C’est un lâcher-prise
Sur le présent
Une aspiration
Sans but
Sans raison
Où je dissolve
Perd de sa substance

Résignation
Le jeune homme sans larmes
S’affadit une fois le jour venu
Il n’attend rien
Laisse aller
Le jeune homme au regard vide
Ne fait rien
Sinon attendre
Attendre et toujours attendre


C’est une entre-deux vie
Un point d’érosion
Un sillon usé
Nulle autre envie
Que celle d'y passer

IX

Et les ans ont filé
sans arrêt
sans raccourcis
Miss baby-doll en son bunker
A repoussé ........ le tout est gris
par des oublies ..........................des mômeries
et dans un coffre bien à l'abri
a rangé tous ses soucis

X.

Les ponctuations de notre mémoire nous suspendent
A cette distance qui nous sépare loin de nous-mêmes
Au point où il vit il ne reste qu’à demi
Dans sa fragile coque de verre se resserrent
D’hier et d’aujourd’hui des images …
Elles filent les souvenirs


Sabine Chaouche



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