<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>The French Mag. Performance &amp; Drama</title>
 <subtitle><![CDATA[The Frenchmag is a new website for all those with an interest in French Culture. It has a special focus on French performing arts, theatre and Opera. ]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.thefrenchmag.com" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.thefrenchmag.com/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.thefrenchmag.com/</id>
 <updated>2026-04-14T14:48:13+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>51.749526</geo:lat>
  <geo:long>-1.2398553</geo:long>
  <entry>
   <title>La Poésie humoristique ou comment bien porter son nom sous l’Ancien Régime.</title>
   <updated>2011-11-27T14:00:00+01:00</updated>
   <id>https://www.thefrenchmag.com/La-Poesie-humoristique-ou-comment-bien-porter-son-nom-sous-l-Ancien-Regime_a196.html</id>
   <category term="Essais/ Essays" />
   <photo:imgsrc>https://www.thefrenchmag.com/photo/art/imagette/2674523-3779963.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-02-07T00:31:00+01:00</published>
   <author><name>sc</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.thefrenchmag.com/photo/art/default/2674523-3779963.jpg?v=1297035720" alt="La Poésie humoristique ou comment bien porter son nom sous l’Ancien Régime." title="La Poésie humoristique ou comment bien porter son nom sous l’Ancien Régime." />
     </div>
     <div>
      On s’intéresse beaucoup au texte de théâtre des XVIIe et XVIIIe siècles et pour cause : l’approche « textocentriste » de l’abbé d’Aubignac ne nous enseigne-t-elle pas que le spectacle doit transparaître dans son intégralité au moyen des mots seuls, c’est-à-dire à travers les paroles des personnages ?        <br />
              <br />
       De multiples perspectives critiques ont été adoptées afin d’analyser le contenu et  la forme du dialogue théâtral : approches littéraires, dramaturgiques, génétiques, historiques, psychanalytiques, études stylistiques et poétiques. Le matériau de base reste bien évidemment la forme imprimée qui, sous l’Ancien Régime, s’adresse aux spectateurs lorsque l’éditeur souhaite laisser la trace de la représentation originale, ou aux lecteurs lorsque l’édition du texte se veut plus littéraire. Récemment, on a examiné ce qui est en marge du dialogue (paratexte (scolies, annotations, marginalia ou didascalies) (1) ou ce qui entoure le texte (étude de la mise en scène (2), des costumes (3).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Peut-être s’est-on moins penché sur les noms des personnages qui figurent dans les pièces et qui font partie intégrante de celles-ci - quand bien même ces noms n’apparaissent-ils sur l’imprimé que de façon purement formelle puisqu’ils délimitent les répliques et balisent en quelque sorte le texte. Or le nom ou le prénom du personnage a son importance puisqu’il situe celui-ci dans un <span style="font-style:italic">locus</span> : espace générique, social, idéologique, culturel voire fictionnel - et aussi humoristique.        <br />
              <br />
       Le nom  délimite le genre théâtral, une forme d’imaginaire propre à l’Ancien Régime de même qu'un certain rapport à l’histoire ou à l'illusion. Le personnage tragique se distingue, par exemple, par sa complexité. Qui n’a pas eu peine à retenir ces noms aux sonorités souvent imprononçables, à ces prénoms alambiqués, voire improbables, qui font du héros un être lointain et pour le coup irréel (on pourrait dire que les noms ne sont pas ceux que les aristocrates donnaient à leur progéniture, qu’ils soient historiques ou inventés de toutes pièces) ? On peut citer ainsi ces noms cacophoniques ou troubles puisque l’on ne saurait dire, pour la très grande majorité d’entre eux, s’ils désignent des hommes ou des femmes : Talestris, Barsine, Alginé, Euphorbe, Barcé, Achate, Cidippe, Hidaspe, Mitrane, Androclide, Araspe, Otane, Aufide, Ambléteuse, Aldamon, Catane, Aspar, Xantipe, Arsire, Plisthène, Clodoade, Sésostris, Albizinde, Architopel, Pharnabaze, Lysimachus, Thamar, Hyempsal, Cethégus, Achorée, Sinorix, Holopherne, Illyrus, Indatire, Dianasse. A moins d’avoir un penchant prononcé pour le musée des horreurs, personne n’ira, de nos jours, prénommer  sa fille, Iphianasse, ou son fils, Artaxerce. On peut comprendre qu’avec des noms si barbares et si peu poétiques, le public de l’époque pût être effrayé et impressionné.       <br />
              <br />
       Il n’existe pas à proprement parler de patronyme dans la tragédie (sauf lorsqu'il s'agit de familles ou de lignées comme par exemple celles des Horiaces ou des Curiaces, ou une haute fonction: Cesar) mais des noms qui traduisent une norme culturelle. Le prénom semble primer : Louis le Grand, Louis le bien aimé. Louis, le roi. Dans le corps du texte le nom s’efface généralement, faisant place à Seigneur ou  Monsieur, et bien entendu, Madame, marques obligatoires de déférence et de bienséance, ainsi que de différentes classes sociales.        <br />
              <br />
       Personnages incomplets ou à demi exhibés, les Grands de ce monde sont ainsi tout à la fois proches et  inaccessibles. Ils pourraient paraître de nos jours quelque peu vieillots, étranges ou même carrément comiques.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La comédie offre des exemples plus variés et beaucoup plus parlants si l’on peut dire, comme si les auteurs laissaient libre cours à leur fantaisie. A la lecture des comédies de l’époque, il semble que les auteurs ont développé une forme d’humour à partir des patronymes des personnages qu’ils mettaient en scène. Le répertoire de la Comédie-Française s’avère en cela très intéressant. On peut y voir certains effets de modes et bien entendu des distinctions selon le rang social. Les prénoms Nérine ou Marton sont emblématiques de la soubrette (voire d’une actrice, comme par exemple Lisette jouée par Mlle Dangeville et présente dans pas moins de 50 pièces), non pas simplement parce qu’ils sont employés dans une pièce célèbre qui les rend populaires, mais parce qu’ils sont représentatifs et symptomatiques d’une époque. Les  prénoms évoluent : Monique, Françoise, Jacqueline, Serge, Guy, Gérard, Jean-Claude fleurissaient dans les années 1940 à 50. De nos jours on préfèrera Léa, Chloé, Manon, Lilou, Théo, Dylan, Kevin, Lucas. Le milieu bourgeois a aussi ses prénoms standards (Angélique, Isabelle, Léandre, Damis, Cléante, Agathe, Lucile etc.) et le milieu aristocratique est représenté par des personnages sans prénom : seul le rang est mentionné le plus souvent. On voit fréquemment écrit sur les listes d’acteurs : La Comtesse, Le Baron, Le Marquis. Le nom illustre ainsi une hiérarchie sociale, un emploi voire un type comique – et même, d’une certaine manière une forme de poésie patronymique grotesque. On a, dans la comédie, le nom qui correspond à son état ou à son caractère. Le nom définit le personnage autant que les mots du dialogue.        <br />
              <br />
       Le patronyme vise à ridiculiser le personnage. Les dramaturges font preuve d’humour. Une onomastique théâtrale existe en filigrane : le nom choisi traduit de manière didactique et drolatique le caractère, l’âge (Géronte) ou la fonction du personnage. Ainsi peut-on relever :       <br />
              <br />
       <b>Le caractère :</b> le Comte de Tuffière est l'orgueilleux par excellence (<span style="font-style:italic">Le Glorieux</span>) ;  Trissotin des <span style="font-style:italic">Femmes savantes</span> est triplement petit sot  ou a l'esprit tressautant ; Chicaneau des <span style="font-style:italic">Plaideurs</span> est spécialiste en dispute;  Fièrenfat dans <span style="font-style:italic">L’Enfant prodigue</span> de Voltaire semble aller de la fierté à la fatuité ou pourrait désigner un &quot;fier enfant&quot;  ; George Dandin héros de la pièce éponyme de Molière est un imbécile malheureux dont le nom suggère une attitude bouffonne ou tout du moins « intranquille » ; M. Griffard, commissaire des <span style="font-style:italic">Bourgeoises à la mode</span> paraît constamment - et intrinsèquement - d’humeur assassine ; Mme Grognac du <span style="font-style:italic">Distrait</span> est prête à mordre : son nom semble allier le groin à la « grande gueule » ; son pendant masculin est, bien entendu, M. de Pourceaugnac (<span style="font-style:italic">M. de Pourceaugnac</span>) ; Le Chevalier Ricard de Fond sec semble avoir un sérieux penchant pour la dépense et Mme de Courtmonde semble bien peu misanthrope (<span style="font-style:italic">Les Femmes</span>) ; enfin Pénétrant le savant paraît doté d'un QI au-delà de la normale (<span style="font-style:italic">Crispin bel-esprit</span>) ;       <br />
              <br />
       <b>La fonction ou profession</b> (les noms d'origine roturière venant effectivement de l'activité professionnelle) : Mme La Ressource, prêteuse sur gage et M. Galonnier, tailleur dans <span style="font-style:italic">Le Joueur</span> ; Monsieur Clistorel, apothicaire du <span style="font-style:italic">Légataire universel</span>, dont le patronyme semble annoncer le remède ; M. Grasset, rôtisseur (<span style="font-style:italic">Le Bal</span>) ; M. Ducoloris, peintre (<span style="font-style:italic">La Manie des arts</span>) ; M. Doutremer, armateur (<span style="font-style:italic">Le Port de mer</span>) ; M. Braillard, bateleur et probablement aboyeur (<span style="font-style:italic">La Foire Saint Laurent</span>) ; Bras-de-fer, exempt et Serrefort, archer (<span style="font-style:italic">La Métamorphose amoureuse</span>) ;       <br />
              <br />
       <b>L’accessoire (rare)</b>: Mascarille : petit masque.       <br />
              <br />
       Les auteurs jouent avec les mots ou créent des mots-valises (par ex: Baliveau &lt; bali[verne] + veau) qui assemblent un ou deux termes, donnant du personnage une image comique. Le jeu de mots ou la référence à un adjectif ou un nom tiré du langage courant ou familier, est parfois sans rapport avec la profession ou ne fait que suggérer un caractère qui n’est pas forcément celui du personnage. Le comique a alors un effet plus grand: le nom étant en contradiction totale avec l'attitude ou le caractère.         <br />
              <br />
       On observe néanmoins certains traits humoristiques évidents :       <br />
              <br />
       M. Pincé, intendant (<span style="font-style:italic">Le Tambour nocturne</span>) ; M. de la Faquinière, beau coquin sans doute (<span style="font-style:italic">Le Bal d’Auteuil</span>) ;  M. Pot-de-Vin, intendant (<span style="font-style:italic">L’Ecole des Bourgeois</span>) (double jeu de mot entre la boisson et l’escroquerie) ; M. de Boisluisant, père (<span style="font-style:italic">Le Mercure galant</span>); M. Beaugénie, abbé et poète (<span style="font-style:italic">Le Mercure galant</span>) ; La Rissole, soldat (<span style="font-style:italic">Le Mercure galant</span>) ; M. Tout-à-bas, maître de Trictrac (<span style="font-style:italic">Le Joueur</span>) ; M. Francaleu, franchement endurci (<span style="font-style:italic">La Métromanie</span>).       <br />
              <br />
       D’autres le sont moins comme :       <br />
              <br />
       M. Jourdain, mamamouchi d’un jour (<span style="font-style:italic">Le Bourgeois gentilhomme</span>) ? ; Mme Pernelle, nom peut-être formé sur ‘pernet’ qui signifie faire l’entendu et le glorieux, ou contraction de péronnelle (<span style="font-style:italic">Tartuffe</span>) ; M. Turcaret, traitant, dont les arrêts pourraient être à la turque (<span style="font-style:italic">Turcaret</span>) ; M. Bobinet, précepteur, homme très seul (être en bobine), ridicule (faire la bobine) ou percevant des gages (être en bobine) ; Mme de Pontéran, veuve errante ou pontifiante.        <br />
              <br />
       Certains portent explicitement sur le comportement ou l’état :       <br />
              <br />
       Le Chevalier de la Fanfaronnière (<span style="font-style:italic">L’Amour vengé</span>) ; M. de Spadagnac (formé sur spadassin), D’Esquivas et Dardibras, gascon et Brisefer valet d’un gascon (<span style="font-style:italic">Les Trois Gascons, Le Procureur arbitre, La Femme fille et veuve</span> et <span style="font-style:italic">L’Après-souper des auberges</span>) ; M. Brettenville, faux brave (bretteur : celui qui se bat à l’épée) dont le caractère contredit le nom dans <span style="font-style:italic">Les Originaux</span> ; Polycrasse, précepteur très sale (<span style="font-style:italic">L’Amour diable</span>) ; M. Bonacceuil frère de Mme Argante, sans doute affable (<span style="font-style:italic">La Belle orgueilleuse</span>) et son frère ennemi M. Grognard (<span style="font-style:italic">Le Bon Soldat</span>) ; Mme de Préfané qui semble bien passée d’âge et son double Mme Vertugadin, femme 'antiquaille' (<span style="font-style:italic">Les Paniers</span>) ; M. Bavardin, tuteur (<span style="font-style:italic">Les Tuteurs</span> et <span style="font-style:italic">Le Galant Jardinier</span>) et Ragotin, valet causeur (<span style="font-style:italic">L’Usurier gentilhomme</span>) ; M. Thibaudier et M. Thibaudois, hommes grossiers (thibaude : tissu grossier), de <span style="font-style:italic">La Comtesse d’Escarbagnas</span> et de <span style="font-style:italic">L’Esprit de contradiction</span>.       <br />
              <br />
       Certains noms ne sont que jeu de mot sans plus :       <br />
              <br />
       Le Baron de la Gruaudière, un peu farineux tout de même (<span style="font-style:italic">L’Usurier gentilhomme</span>) ; M. Desbrochures (<span style="font-style:italic">Esope au Parnasse</span>) ; Messieurs Douillet, oisif et Fastidas, prodigue mais sans doute ennuyeux (fastidieux) du <span style="font-style:italic">Philanthrope</span> ; Le Chevalier de Fourbignac, officier très poli (de fourbir : polir les armes) et son compagnon Fuzillard, des <span style="font-style:italic">Curieux de Compiègne</span> ; M. Moufflart marchand de galons au visage sans doute très joufflu et l’hôtesse Mme Pinvin (pain-vin) des <span style="font-style:italic">Curieux de Compiègne</span> ; M. Des-soupirs, maître à chanter et M. Rigaudon (<span style="font-style:italic">L’Eté des coquettes</span> et <span style="font-style:italic">Les Valets, les Maîtres de la maison</span>) ; M. L’Eveillé, homme d’intrigues et M. Baguenaudier, Maître de forge (baguenaude ou niaiserie) des <span style="font-style:italic">Nouveaux débarqués</span>.        <br />
              <br />
       Les auteurs rivalisent d’inventivité en ce qui concerne :       <br />
              <br />
       <b>les hommes de loi :</b> M. Furet, huissier dans <span style="font-style:italic">Esope à la Ville</span> et fourbe dans <span style="font-style:italic">Turcaret</span> ; M. Courtefoi, notaire (<span style="font-style:italic">La Sœur ridicule</span>) et M. de Bonnefoi, notaire lui aussi (<span style="font-style:italic">La Folle enchère</span> et <span style="font-style:italic">Le Malade imaginaire</span>) ; M. Loyal, sergent (<span style="font-style:italic">Tartuffe</span>) ; Cornardet, procureur voué à être trompé (<span style="font-style:italic">Les Amazones</span>) ; M. Scrupule, notaire (<span style="font-style:italic">Le Légataire universel</span>) ; M. Sangsue, homme tenace  (<span style="font-style:italic">Le Mercure galant</span>) ; M. Brigandeau, procureur - et voleur - au Châtelet (<span style="font-style:italic">Le Mercure galant</span>) ; M. Courtinet et son fils (<span style="font-style:italic">Le Concert ridicule</span>) ; M. Piètremine (<span style="font-style:italic">La Famille extravagante</span>) ; M. Sottinot, avocat amoureux (<span style="font-style:italic">Les Paniers</span>) ; M. Paraphardière, greffier (<span style="font-style:italic">Les Vacances</span>) ;       <br />
              <br />
       <b>les noms des médecins</b>: M. Purgon, qui, certes annonce la purge mais dont le nom pourrait s’apparenter, grossièrement, à « pur con » ; M. Myrobolan dont le nom étincelle et se pare de merveilleux  (<span style="font-style:italic">Crispin médecin</span>) ; M. Tomès à la science encyclopédique (<span style="font-style:italic">L’Amour médecin</span>), M. L’Empesé, médecin peu habile semble-t-il (<span style="font-style:italic">L’Aveugle clairvoyant</span>) ;       <br />
              <br />
       <b>les provinciaux toujours plus ou moins niais</b>: M. Baugenaude symbole de niaiserie (<span style="font-style:italic">Ragotin</span>) ; M. De Pré-Rasé sans doute très propre sur lui (<span style="font-style:italic">Ragotin</span>) ;  M. De Bois-coupé et M. de Mousse-verte, très campagnards ou très « bios » dirions-nous de nos jours, l'un paraissant impuissant et l'autre, au contraire, plein de vitalité (<span style="font-style:italic">Ragotin</span>) ; M. Croupillac sorte de lac croupi (<span style="font-style:italic">L’Enfant prodigue</span>); M. Dandinet (<span style="font-style:italic">La Foire Saint-Laurent</span>) ;       <br />
              <br />
       <b>les vieillards</b>: M. de Vieuxancour en phase de décomposition et M. Cornichon, fin du fin des hommes (<span style="font-style:italic">L’Important</span>) ; M. Griffon (<span style="font-style:italic">La Sérénade</span>) ;        <br />
              <br />
       <b>les noms de valets ou de laquais</b>: Brindavoine, La Merluche (<span style="font-style:italic">L’Avare</span>), la Jonquille (<span style="font-style:italic">Le Tambour nocturne</span>), Lolive (<span style="font-style:italic">Les Bourgeoises de qualités</span>) ; Criquet (<span style="font-style:italic">La Comtesse d’Escarbagnas</span>) ; La Branche (<span style="font-style:italic">Crispin rival de son maître</span>) ; La Verdure (<span style="font-style:italic">La Foire Saint-Laurent</span>) ; Sans-soucy (<span style="font-style:italic">Le Nouveau Marié</span>), La Famine, Finemouche et Piquerosse (<span style="font-style:italic">Les Paniers</span>) ; La Vigne (<span style="font-style:italic">La Parisienne</span>) ; La Flèche (<span style="font-style:italic">L’Avare</span> et <span style="font-style:italic">La Rivale suivante</span>) ; La Verdure (<span style="font-style:italic">L’Usurier gentilhomme</span>).        <br />
              <br />
       Certaines pièces présentent un groupe de personnages qui semble avoir la même racine (ou tout du moins qui sont liés par un même champ sémantique) : Le Baron de Vieuxbois, M. Desmazures, Le Comte des Guérets (terre labourée), noms qui font tous référence à la campagne (<span style="font-style:italic">La Fausse Agnès</span>). On peut citer, entre autres, Mme de Boisvieux et Mme de Vertsec du <span style="font-style:italic">Conciliateur</span> qui paraissent, elles aussi, bien que 100% naturelles, quelque peu défraîchies.        <br />
              <br />
       Les noms résonnent entre eux et forment donc un sous-texte comique qui ne fait pas forcément partie de l’action ou de l’histoire en elle-même. La dénomination se fait sur un mode ludique et donne un avant-goût de la pièce. Elle est un préambule ou une ouverture comique lorsque le lecteur découvre la liste des personnages. Elle participe de ce goût pour le bon mot comme le suggèrent les anecdotes dramatiques du temps qui foisonnent en calembours et autres plaisanteries, et témoigne de la spiritualité de l’auteur qui se moque de ses propres personnages ou qui les dignifie. Ainsi, l’utilisation des suffixes –court/cour (Dalancour, Floricourt, Méricourt) ou –ville (D’Orville, Clorinville, Polinville, Clainville), récurrente, confère une certaine dignité et respectabilité au patronyme (les acteurs s’inspirent d’ailleurs de ceux-ci pour se donner un nom de scène : Dazincourt par exemple). Les noms terminés en –in, -ard ou art- (Patin, Griffard, Bouquinart, Clénard) se veulent bien entendu péjoratifs ou dépréciatifs, tandis que ceux en –ette (Rosette, Guillemette, Lisette, Colinette), plus affectifs.        <br />
              <br />
       D’une pièce à l’autre on retrouve parfois une succession de noms qui forment un réseau : champêtre ou campagnard (voir <span style="font-style:italic">supra</span>), ou bien urbain : ainsi de M. et Mme de Sotenville dont le nom semble indiquer plaisamment une incapacité à agir de manière sensée dans un contexte urbain (de sots aristocrates et une fausse urbanité)  ou au contraire un couple de personnes promptes à bondir (saute-en-ville), qui ont leur pendant, M. Sotencour (<span style="font-style:italic">Le Bal</span>), voire un cousin, Trottenville, courtier (<span style="font-style:italic">Esope au Parnasse</span>) ou un voisin, M. Mananville (contraction de ‘manant en ville’ ; <span style="font-style:italic">L’Usurier gentilhomme</span>).       <br />
              <br />
       La pièce imprimée est fragmentée en différents ensembles : corps du texte, titre, didascalies. Certes les didascalies donnent un aperçu des effets comiques, tout comme le font les indications intratextuelles sur le jeu de l'acteur (indications pré- ou post-scéniques). Mais la poésie humoristique du patronyme est autre. Elle se situe à la fois en marge et au centre de la pièce. Elle définit un second comique (en creux), ou le comique pris au &quot;second degré&quot;. Le nom théâtral a une fonction connotative quand bien même occupe-t-il une place secondaire sur l’imprimé (après tout la comédie a pour fonction de dénoncer les vices et agir sur les mœurs et en ce sens, le nom des ridicules participe de l’enseignement que doit apporter celle-ci au spectateur). Le nom identifie le personnage sur scène et, d’une certaine manière, en fige les constituants comme s’il fallait que le nom dise l’individu – ou le résume. Ainsi écrire une pièce sous l’Ancien Régime est bien tout un art, et ce à tous les niveaux. Savoir composer une comédie, cela signifie respecter la règle des unités, agrémenter la pièce de péripéties et de rebondissements, écrire d'un style simple et léger, et surtout bien choisir les noms de ses personnages afin de faire entrer immédiatement le public, puis le lecteur, dans l’univers  comique. Il y a bien là une forme de poésie humoristique qui définit le ton et l'esprit d'une époque, ou tout du moins une façon de faire qui se retrouvera encore au siècle suivant.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span style="font-style:italic">Sabine Chaouche</span>       <br />
              <br />
              <br />
       (1) LOCHERT, Véronique, <span style="font-style:italic">L’Ecriture du spectacle. Les didascalies dans le théâtre européen aux XVIe et XVIIe siècles</span>, Genève, Droz, 2009.       <br />
              <br />
       (2) <span style="font-style:italic">La Fabrique du théâtre. Avant la mise en scène (1650-1880), </span>éd. Pierre Frantz et Mara Fazio, Paris, Desjonquères, 2010.       <br />
              <br />
       (3) VERDIER, Anne, <span style="font-style:italic">Histoire et poétique de l’habit de théâtre en France au XVIIe siècle</span>, Vijon, Lampsaque, 2006.       <br />
       ― <span style="font-style:italic">Art et usages du costume de scène, </span>ed. Anne Verdier, Olivier Goetz, Didier Doumergue, Vijon, Lampsaque, 2007, collection Le Studiolo-essai.       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.thefrenchmag.com/La-Poesie-humoristique-ou-comment-bien-porter-son-nom-sous-l-Ancien-Regime_a196.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>TP. CF. 1757. Règlement de la Comédie-Française.</title>
   <updated>2011-01-15T16:25:00+01:00</updated>
   <id>https://www.thefrenchmag.com/TP-CF-1757-Reglement-de-la-Comedie-Francaise_a166.html</id>
   <category term="Administration/ Management " />
   <photo:imgsrc>https://www.thefrenchmag.com/photo/art/imagette/2618238-3694149.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2011-01-15T15:55:00+01:00</published>
   <author><name>sc- S. Chaouche</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La Comédie-Française frôla la banqueroute à la fin des années 1750. L'Etat intervint et permit au théâtre de combler ses dettes, mais, en contrepartie, renforça son emprise sur celui-ci. Un nouvel intendant, Jean Denis Papillon de la Ferté est bientôt nommé afin de s'occuper des affaires de la Comédie et veiller à son bon fonctionnement.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.thefrenchmag.com/photo/art/default/2618238-3694149.jpg?v=1295104303" alt="TP. CF. 1757. Règlement de la Comédie-Française." title="TP. CF. 1757. Règlement de la Comédie-Française." />
     </div>
     <div>
      [3] <b>EXTRAIT DES REGISTRES DU CONSEIL D’ETAT DU ROI</b>          <br />
               <br />
       <b>Du 18 Juin 1757.</b>            <br />
               <br />
       LE ROI s’étant fait rendre compte de l’état des affaires de la Troupe de ses Comédiens François ordinaires, &amp; voulant donner des marques de sa protection pour ce Spectacle formé en France par les talens des plus grands Auteurs qu’elle ait produit, à l’exemple duquel il en a été établi de semblables dans les principales Cours de l’Europe, &amp; qui, à juste titre, a été honoré de la protection particuliere du feu Roi, S A  M A J E S T E se seroit fait représenter les Reglemens &amp; Arrêts rendus [4] au sujet de l’établissement de ladite Troupe, que de son administration, police &amp; discipline depuis l’année 1680 qu’il plut au feu Roi de réunir les deux Troupes de ses Comédiens François ; ensemble les traités successivement passés ent’eux, &amp; particulierement ceux des 5 Janvier 1681, 29 Octobre 1685, 22 Septembre 1687, 23 Juin 1692, 23 Mars 1705 &amp; 5 Septembre 1735, &amp; lesdits Arrêts, Reglemens &amp; Actes de Société ne pouvant avoir leur entiere exécution : Oui le rapport, le Roi étant en son Conseil, dérogeant autant que de besoin, &amp; révoquant &amp; annullant les susdits Traités, Arrêts &amp; Reglemens a ordonné &amp; ordonne ce qui suit :       <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE PREMIER.         <br />
       Le fond de l’établissement de l’Hotel sera &amp; demeurera fixé à la somme de deux cent mille huit cent sept livres, seize sols, six deniers, à quoi ont été fixées par le traité de 1692, les dépenses faites tant pour l’acquisition des fonds sur lesquels les Comédiens prédécesseurs ont fait bâtir ledit Hôtel, la construction du Théâtre, que pour l’achat des decorations &amp; autres objets formant ledit établissement, &amp; deux mille cinq cent soixante-quatorze livres payés par lesdits Comédiens pour le rachat de la taxe des boues &amp; lanternes à cause dudit Hôtel, dérogeant à cet égard audit Traité de 1705. [5]          <br />
              <br />
               <br />
       ARTICLE II.          <br />
       Le fond ci-dessus sera comme ci-devant divisé en 23 parts égales, dont chacune sera de 8730 liv. 15 sols, 5 deniers seulement, au lieu de 13130 liv. 15 sols, à quoi avoit été fixé le fond de chaque part par le traité de 1705 ; sçavoir 8730 liv. 15 sols, 5 deniers pour chaque part dans le fond de l’Hotel ; 111 liv. 17 sols 10 deniers pour le rachat des boues &amp; lanternes, &amp; 4400 liv. sous le titre de récompense aux Acteurs &amp; Actrices retirés ou à leurs héritiers, lesquelles 4400 liv. ne pourront être à l’avenir prétendues par les Acteurs ou Actrices, ni leurs Successeurs, ou héritiers sous quelque prétexte que ce puisse être, non plus que les 1200 liv. pour prétendue indemnité, à cause de l’entretien des décorations du Théâtre suivant le Traité de 1735.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE III.          <br />
       Et voulant Sa Majesté procurer à ladite Troupe le moyen de se soutenir, ordonne que pour rembourser les Acteurs ou Actrices qui ont fait ledit fond ou portion d’icelui au fut &amp; mesure de la retraite ou décès desdits Acteurs ou Actrices, il sera fait fonds dans les états des dépenses extraordinaires des menus, des sommes qu’ils se trouveront avoir payées au jour de la clôture du Théâtre de la présente année : à l’effet de quoi il en sera dressé état par les Sieurs Intendants des Menus, [6] dont un double signé d’eux sera annexé à l’acte de société mentionné en l’article XXXVIII. ci-après ; entendant néantmoins Sa Majesté que les intérêts desdits fonds ou portions de fonds, soient payés par la Troupe jusqu’au jour du remboursement actuel auxdits Acteurs ou Actrices, ou à leurs héritiers ou représentans, à raison de 5 pour cent, francs, &amp; quittes de toutes charges &amp; impositions à compter u jour de la clôture du Théâtre de la présente année. Comme aussi qu’après l’entiere extinction des sommes qui se trouveront audit jour avoit été payées pour ledit fond ou portion de fond, conformement audit état, le remboursement desdites 8730 liv. 15 sols cinq deniers aux Acteurs ou Actrices retirés, &amp; aux héritiers ou représentans de ceux qui seroient décédés, demeurera à la charge de laditte Troupe.          <br />
              <br />
               <br />
       ARTICLE IV.        <br />
       Chaque part sera suceptible de division en demi part ou autre portion de part comme ci-devant.          <br />
              <br />
               <br />
       ARTICLE V.        <br />
       Le fond dudit établissement ne pourra être aliéné, ni engagé sous quelque prétexte que ce puisse être, pour les besoins d’un ou de plusieurs Particuliers, mais seulement pour l’utilité &amp; le besoin commun dela Troupe en général, &amp; en vertu de déliberations prises en la forme qui sera prescrite ci-après. [7]        <br />
              <br />
               <br />
       ARTICLE VI.        <br />
       Aucuns des Acteurs &amp; Actrices ne pourra prétendre le remboursement du fond de sa part, si ce n’est dans le cas de Retraite, &amp; ledit remboursement dans le cas de décès d’aucuns deux, sera fait à leurs héritiers ou ayant droit dans la forme désignée par l’article III. ci-dessus.        <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE VII.        <br />
       Aucun desdits Acteurs ou Actrices ne pourra pareillement engager ni aliéner, le fond de sa part, ou autre portion de part dans ledit établissement, ni aucuns de leurs Créanciers particuliers poursuivre le payement de leurs créances, par saisie réelle, mais seulement par saisie mobiliaire desdites parts ou portions de parts, dont les fonds seront, s’il y échoit, contribués entre lesdits Créanciers ; lesquels ne pourront procéder par ladite voye de saisie mobiliaire desdits fonds de part, que dans le cas de retraite ou décès des Acteurs ou Actrices leurs débiteurs.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE VIII.        <br />
       Les Acteurs ou Actrices qui seront à l’avenir admis dans la Troupe, seront tenus de payer, sans intérêt néantmoins, la somme ci-dessus de 8730 liv. 15 sols pour une part, &amp; ainsi à proportion pour une demie part ou autre portion de part, entre les mains du Caissier de la Troupe [8] qui sera tenu de s’en charger en recette &amp; d’en faire emploi, ainsi qu’il sera ordonné par l’article XXV. ci-après.            <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE IX.          <br />
       Pour faciliter aux nouveaux Acteurs ou Actrices le payement desdits 8730 liv. 15 sols, par chaque année &amp; jusqu’à concurrence, la somme de 1000 liv. par part &amp; ainsi à proportion, &amp; ce par privilége &amp; préférence à tous leurs Créanciers particuliers, de laquelle retenue les intérêts leur seront payés par la Troupe à la clôture du Théâtre de chaque année conformement à l’article III. Ci-dessus.            <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE X.          <br />
       Tous les Acteurs ou Actrices qui seront renvoyés après 15 années accomplies de service, jouiront de 1000 liv. de pension viagere, laquelle leur sera payée annuellement par la Troupe, sans aucune retenue ni diminution des impositions présentes &amp; à venir quelconques, de six mois en six mois, à compter des jours &amp; dattes des ordres du premier Gentilhomme de la Chambre lors en exercice, sur lesquels seront expédiés les Contrats de constitution desdites rentes auxdits Acteurs ou Actrices ainsi retirés. [9]          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XI.          <br />
       Il sera libre auxdits Acteurs ou Actrices de se retirer après 20 années de service, &amp; audit cas ils jouiront de la pension de 1000 liv. laquelle sera constituée à leur profit conformément au précédent article ; sauf néantmoins que ceux desdits Acteurs ou Actrcies qui seront jugés nécessaires après lesdits 20 ans de service, ne pourront se retirer, mais auront 1500 liv. de pension en continuant par eux leur service pendant dix autres années.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XII.          <br />
       Et néantmoins s’il survenoit à quelques Acteurs ou Actrices avant ledit terme de 15 années, des accidents ou infirmités habituelles qui les missent hors d’état de continuer leur service, lesdites pensions de 1000 liv. seront constituées à leur profit en conséquence d’une délibération signée de tous ceux qui composeront alors laditte Troupe, pour leur être payée ainsi qu’il est porté à l’article X. ci-dessus, &amp; à compter des jours &amp; dattes des ordres du premier Gentilhomme de la Chambre alors en exercice.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XIII.          <br />
       A l’égard des Pensions actuellement subistantes, ordonne Sa Majesté qu’il en sera incessamment fait état sur lequel, à Elle rapporté, elle se reserve d’ordonner ce qu’il appartiendra. [10]          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XIV.         <br />
       Toutes les Pensions telles qu’elles ont été réglées par lesdits articles X, XI, XII, ou qui seront conservées par Sa Majesté entre celles qui subsistent actuellement, seront doresnavant à la charge de ma Troupe ; ensorte que tous ceux ou celles qui succederont aux Acteurs ou Actrices qui viendront à décéder ou à se retirer, n’en soient aucunement tenus : comme aussi ceux ou celles qui doivent actuellement aucunes desdites Pensions au terme dudit Acte de 1692, &amp; autres subsequents, en seront &amp; demeureront déchargés à compter du jour de la clôture du Théâtre de la présente année.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XV.        <br />
       L’Hôtel où se font les représentations de la Comédie &amp; ses dépendances, &amp; généralement tout ce qui compose ledit établissement, seront affectés spécialement &amp; par privilége, auxdites Pensions, lesquelles (comme Pensions alimentaires) ne pourront être faites par aucuns Créanciers des Pensionnaires.        <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XVI.          <br />
       Il y aura trois Semainiers qui serviront suivant l’ordre de leur reception, &amp; dont le plus ancien de chaque semaine, sortira de fonction, &amp; sera remplacé par le plus ancien des deux restans ; &amp; ainsi successivement de semaine en [11] semaine : ls fonctions desdits Semainiers consisteront dans l’administration, police intérieure, &amp; discipline de la Troupe, ainsi qu’il va être ordonné, &amp; qu’il le sera pour le surplus, par un reglement qui sera fait par les premiers Gentilshommes de la Chambre de sa Majesté.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XVII.         <br />
       Arrivant le cas de décès ou de retraite d’aucuns desdits Acteurs ou Actrices, ceux qui se retireront, &amp; le plus ancien Semainier, à l’égard de ceux qui viendront à décéder, seront tenus de se retirer par devers le premier Gentilhomme de la Chambre alors en exercice, pour, sur le rapport qui sera par lui fait à Sa Majesté, ordonner des parts &amp; portions vacantes par brevets particuliers expédiés par les Sieurs Intendants des Menus.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XVIII.          <br />
       La recette générale sera faite par un seul Caissier, auquel les Receveurs particuliers des différents bureaux, seront tenus de compter chaque jour, après le Spectacle ; ainsi que le Contrôleur de remettre en l’état des crédits de chaque jour : en conséquence le Caissier tiendra registre de ladite recette effective, ensemble desdits crédits, jour par jour, duquel Registre un double, pour le contrôle de ladite caisse, sera tenu par le plus ancien des Semainiers en exercice, &amp; chacun desdits Registres sera signé en premiere [12] &amp; derniere feuille, &amp; paraphé sur chacun des feuillets par un des Sieurs Intendants des Menus ; ordonne, Sa Majesté, audit Caissier, de veiller avec la plus scrupuleuse attention à l’exactitude desdits Registres, sous peine de radiation de ses appointemens, &amp; de plus grande peine, si le cas y écheoit.        <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XIX.        <br />
       Les deniers de ladite Recette effective, ainsi que ledit Registre de caisse, seront renfermés dans le coffre-fort qui est dans l’Hôtel, lequel fermera ç deux clefs, dont une demeurera és-mains du plus ancien des Semainiers en exercice, &amp; l’autre en celles dudit Caissier.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XX.        <br />
       Ledit Caissier sera seul chargé de la dépense, &amp; ne pourra faire aucuns payements que sur des mandements signés des trois Semainiers, &amp; de six personnes au moins, tant Acteurs qu’Actrices ; &amp; tiendra ledit Caissier pareillement Registre de la dépense aussi jour par jour, duquel Registre il sera tenu un double pour servir de contrôle ; lesdits deux Registres en la forme &amp; ainsi qu’il a été reglé pour la Recette par les Articles XVIII &amp; XIX. ci-dessus, &amp; celui du Caissier sera, comme dit est, renfermé dans ledit coffre-fort, suivant l’Article précédent.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXI.          <br />
       A l’égard des Registres de contrôles desdites recettes &amp; dépenses, ledit Semainier le plus ancien [13] en exercice sera tenu de les renfermer chaque jour dans une des armoires étant dans la chambre des Assemblées.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXII.          <br />
       Pour éviter la multiplicité des quittances, le Caissier dressera des états des gages &amp; appointements des Gagistes &amp; autres Employés au service de la Troupe à la fin de chaque mois, lesquels Etats seront émargés par chacun desdits Gagistes &amp; autres, après néantmoins qu’ils auront été arrêtés par les trois Semainiers.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXIII.        <br />
       S’il arrivoit que les mémoires des Ouvriers &amp; Fournisseurs ne pussent être acquittés en entier, sur le produit de la Recette du mois, il en sera dressé un Etat double, dont un restera ès-mains d’un des Sieur Intendants des Menus, &amp; l’autre en celles du plus ancien Semainier qui se trouvera en exercice, &amp; sera le montant desdits Mémoires, autant que faire se pourra, acquitté des premiers deniers du mois suivant.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXIV.        <br />
       A la fin de chaque mois les Registres de recette &amp; dépense, ainsi que ceux de contrôle, seront représentés à l’un des Sieurs Intendants des Menus pour par lui, les viser &amp; arrêter.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXV.          <br />
       Sur le produit de la totalité de la Recette seront prélévés. [14] I°. Les trois Cinquiéme du quart, ou le Neuviéme au total, sans aucune déduction quelconque, pour l’Hôpital Général. 2°. Le Dixiéme en faveur de l’Hôtel-Dieu, déduction faite des 300 liv. dont la retenue a été ordonné par Sa Majesté pour les frais par chaque jour de représentation. 3°. La Rente annuelle de 250 liv. dûe à la Manse Abbatiale de St. Germain-des-Prez par transaction du 24 Août 1695. 4°. Les Pensions viageres dont la Troupe sera chargée. 5°. Les Intérêts des fonds ou portions de fonds, ainsi qu’il est porté par les Articles III &amp; IX. ci-dessus. 6°. Les Sommes payées pour fonds ou portions de fonds dans le cas prévu pat l’Article III ci-dessus. 7°. Les Appointemens du Caissier, des Receveurs particuliers &amp; des Gagistes &amp; autres Employés au service de la Troupe ; &amp; finalement seront payés &amp; acquittés tous les frais ordinaires &amp; extraordinaires à la charge commune de la Troupe. Et quand au surplus du produit des Représentations journalieres, il sera divisé &amp; partagé en [15] 23 portions égales &amp; distribué auxdits Acteurs &amp; Actrices à proportion des parts ou portions de parts, appartenantes à chacun d’eux dans le fond dudit établissement. Entendant Sa Majesté que les deniers provenant des payements qui seront faits par les nouveaux Acteurs ou Actrices pour leurs fonds ou portions de fonds ne puissent être employés qu’au payement des Créanciers de la Troupe.        <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXVI.        <br />
       A l’égard de la Pension de 12000 liv. par chaque année, accordée à ladite Troupe par brevet du 24 Août 1682, elle sera pareillement partagée en 23 portions égales, conformément à l’Article précédent, &amp; chacune desdites portions sera &amp; demeurera, comme par le passé, non saisissable par aucuns Créanciers particuliers desdits Acteurs ou Actrices.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXVII.        <br />
       La part de chacun desdits Acteurs ou Actrices dans le produit des représentations journalieres, sera divisé en trois portions égales ; sçavoir deux tiers libres &amp; non-saisissables par les Créanciers, pour être appliqués l’un aux aliments &amp; l’autre à l’habillement &amp; entretien de chacun d’eux ; &amp; quant à l’autre &amp; dernier tiers, il sera affecté aux Créanciers des Acteurs &amp; Actrices sur lesquels il surviendra des saisies ; en sorte qu’après le renboursement [16] &amp; entier payement du fond de lapart ou portion de part de chaque Acteur ou Actrice, lesdites saisies vaudront &amp; auront leur effet sans qu’il soit besoin de les renouveller, sur le tiers de la portion entiere à lui appartenante dans le produit desdites représentations ordinaires.          <br />
              <br />
               <br />
       ARTICLE XXVIII.          <br />
       Les deniers qui composeront le tiers destiné aux Créanciers, seront retenus par la Caissier, pour être par lui remis à la clôture de chaque année ès-mains du Notaire de la Troupe, par lequel ils seront payés ou contribués, s’il y écheoit entre les Créanciers saisissans, &amp; seront les contributions arrêtées par les débiteurs, en présence de deux anciens Comédiens stipulants pour la Troupe, ainsi qu’il s’est pratiqués jusqu’à présent.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXIX.          <br />
       Les exploits des saisies qui seront faites, seront portés par le Caissier sur deux Registres, dont un restera en ses mains, &amp; l’autre en celles du Notaire de la Troupe ; les mains levées seront pareillement transcrites sur les mêmes registres ; &amp; les exploits des saisies &amp; expéditions des main-levées, mises dans l’armoire fermant à clef qui est dans la chambre où se tiennent les Assemblées.        <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXX.        <br />
       S’il étoit nécessaire d’occuper ou deffendre [17] sur lesdites saisies, elles seront remises par le Receveur ès mains du Procureur au Châtelet de la Troupe ou de son Procureur au Parlement.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXXI.        <br />
       Chaque année à la clôture du Théâtre il sera dressé par le Caissier trois Etats ; le premier contiendra les parts ou portions de parts de chaque Acteur ou Actrice dans le fond de l’établissement, &amp; ce qui en aura été acquitté, &amp; restera à acquitter ; le second contiendra les dettes passives de la Troupe ; &amp; le troisiéme les pensions viageres dont elle se trouvera lors chargée, lesquels Etats seront arrêtés, approuvés &amp; reconnus par tous les Acteurs &amp; Actrices, &amp; ensuite rendus au Caissier, après avoir été transcrits sur un Registre sur lequel seront portées toutes les délibérations, &amp; qui sera renfermé par le plus ancien Semainier dans l’armoire étant en la chambre des assemblées, &amp; de la conservation duquel ledit Semainier demeurera personnellement garant.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXXII.        <br />
       Il ne pourra doresnavant être fait aucun emprunt que pour dépenses forcées, ainsi qu’il est porté par l’Article V. ci-dessus, &amp; non par billets particuliers ; mais seulement par Contrats de constitutions autant que faire se pourra, ou par obligations, lesquels Contrats ou obligations seront signés par tous les Acteurs ou Actrices,  ne [18] pourront être passés que par-devant le Notaire de la Troupe qui en gardera minutes ; le tout en vertu de délibérations qui seront remises aux Sieurs Intendans des Menus, pour être présentées a premier Gentilhomme de la Chambre en exercice, &amp; être donné les ordres nécessaires, après néantmoins avoir pris l’avis des Avocats composant le Conseil de la Troupe ; déclarant nuls tous Contrats, Obligations ou Billets qui ne seroient pas faits dans la forme ci-dessus prescrit.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXXIII.        <br />
       Néantmoins les Obligations &amp; Billets subsistants actuellement, après que les sommes, les dates &amp; même les noms des Créanciers, autant que faire se pourra, en auront été constatés à la clôture duThéâtre de la présente années, &amp; ainsi successivement, par une délibération signée des six plus anciens Acteurs, suivant l’ordre de reception, seront convertis en Contrats de constitutions, ou renouvellés au plus long délai qu’il sera possible, par lesdits six plus anciens Acteurs, à l’effet de procurer à la Troupe la facilité de faire des Emprunts à constitution de rente pour rembourser le montant desdites Obligations, ou Billets.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXXIV.        <br />
       Il sera fait incessamment par le Notaire de la Troupe un inventaire double par bref état des titres &amp; papiers des archives, lesquels seront remis dans des boëtes étiquetées chacun des cottes [19] qu’elles contiendront, &amp; seront lesdites boëtes, ainsi que l’un des doubles dudit inventaire, renfermés dans une des armoires étant dans la chambre d’assemblée, laquelle sera fermée à deux clefs, dont une demeurera entre les mains du plus ancien des Semainiers, &amp; l’autre entre celles du Notaire de la Troupe, qui gardera par-devers lui l’autre double dudit inventaire.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXXV.        <br />
       Il ne pourra être retiré aucun titres ni papiers de ladite armoire, qu’en vertu des Délibérations signées des trois Semainiers, &amp; de trois autres anciens Acteurs, &amp; sur les Récepissés de ceux qui auront retiré lesdits titres ou papiers, lesquels Récepissés demeureront en leur lieu &amp; place, jusqu’à ce qu’ils ayent été rapportés, &amp; le rapport en sera constaté en marge desdites Délibérations par la mention qui en sera faite &amp; signée par lesdits Semainiers &amp; anciens Acteurs.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XXXVI.       <br />
       Veut &amp; ordonne Sa Majesté que sesdits Comédiens ordinaires soient tenus de représenter chaque jour, sans que sous aucuns prétextes, ils puissent s’en dispenser.        <br />
               <br />
               <br />
       ARTICLE XXXVII.          <br />
       Ordonne pareillement que le Consei de la Troupe sera composé de deux anciens Avocats au Parlement, &amp; d’un Avocat en ses Conseils. [20]        <br />
              <br />
               <br />
       ARTICLE XXXVIII.          <br />
       Il sera incessamment pourvû au surplus de l’administration, police &amp; discipline intérieure de ladite Troupe un Reglement qui sera fait par les premiers Gentilshommes de la Chambre de Sa Majesté, &amp; qu’elle entend être exécuté ainsi que si il étoit contenu au présent Arrêt.        <br />
                <br />
              <br />
       ARTICLE XXXIX.        <br />
       Ordonne en outre Sa Majesté qu’aussi-tôt après qu’il aura été fait lecture dudit Arrêt dans une Assemblée générales desdits Acteurs &amp; Actrices, ils seront tenus de passer e conformité un Acte de Société entr’eux, par-devant le Notaire de la Troupe, lequel Acte représenté à Sa Majesté, sera par Elle approuvé &amp; confirmé s’il y échet.          <br />
               <br />
              <br />
       ARTICLE XL.        <br />
       Veut &amp; entend Sa Majesté que le contenu au présent Arrêt soit exécuté selon sa forme &amp; teneur, &amp; que tout ce qui y seroit contraire soit regardé comme nul &amp; non-avenu, ainsi qu’elle l’a déclaré &amp; déclare dès à présent. Mande Sa Majesté aux Premiers Gentils-hommes de Sa Chambre &amp; aux Intendans des Menus, de tenir la main, chacun en droit soi, à l’exécution du présent Arrêt. Fait au Conseil d’Etat du Roi, Sa Majesté y étant, tenu à Versailles le dix-huit Juin mil sept cent cinquante-sept.          <br />
               <br />
       Phelipeaux.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.thefrenchmag.com/TP-CF-1757-Reglement-de-la-Comedie-Francaise_a166.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>1800 (circa). Lettre manuscrite de Mlle Raucourt sur la déclamation de son temps.</title>
   <updated>2010-11-29T20:25:00+01:00</updated>
   <id>https://www.thefrenchmag.com/1800-circa-Lettre-manuscrite-de-Mlle-Raucourt-sur-la-declamation-de-son-temps_a106.html</id>
   <category term="Jeu de l'acteur/ acting" />
   <published>2010-11-20T11:09:00+01:00</published>
   <author><name>sc</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.thefrenchmag.com/1800-circa-Lettre-manuscrite-de-Mlle-Raucourt-sur-la-declamation-de-son-temps_a106.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>TP. CF. 1726. Règlement pour les postes de la Comédie-Française (8 mai 1726).</title>
   <updated>2011-01-15T16:09:00+01:00</updated>
   <id>https://www.thefrenchmag.com/TP-CF-1726-Reglement-pour-les-postes-de-la-Comedie-Francaise-8-mai-1726_a99.html</id>
   <category term="Administration/ Management " />
   <photo:imgsrc>https://www.thefrenchmag.com/photo/art/imagette/2487872-3498549.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-11-17T18:02:00+01:00</published>
   <author><name>sc</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
CF - Archives - Admin. - Règlement.     <div><b>REGLEMENT POUR LES POSTES DE LA COMEDIE FRANCOISE (8 mai 1726)</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.thefrenchmag.com/photo/art/default/2487872-3498549.jpg?v=1290014765" alt="TP. CF. 1726. Règlement pour les postes de la Comédie-Française (8 mai 1726)." title="TP. CF. 1726. Règlement pour les postes de la Comédie-Française (8 mai 1726)." />
     </div>
     <div>
      L’Inspecteur, avec l’un des Contrôleurs, feront tous les jours, pendant le troisieme Acte de la grande Piece, une visite de contrôle dans tous les Postes comptables de la Comédie ; verront combien il y a de Personnes placées dans chaque Poste, soit payant, ou gratis : feront compter devant eux les Billets &amp; contremarques, les enregistreront sur un Portatif qui leur sera donné, lequel Portatif sera vû &amp; signé chaque jour par le Semainier, en faisant les comptes, comme les autres Registres. Ils feront note sur le côté blanc dudit Portatif, de tout ce qu’ils appercevront être contraire aux intérêts de la Comédie. Dans le cas où ils trouveroient dans un Poste payant plus de Personnes que de Contremarques, ou plus que n’en doit contenir une Loge à l’année, l’amende sera du double des places occupées sans payer : &amp; dans les Postes où ils sont deux, pour répondre du même, ils payeront ladite amende par moitié.       <br />
              <br />
       Dans le cas où l’Inspecteur seroit absent, ladite visite se fera par le Contrôleur avec le Suisse, &amp; en l’absence d’un des Contrôleurs, l’Inspecteur avec le Suisse, étant nécessaire qu’il reste toujours un Contrôleur à la porte.       <br />
              <br />
       Lorsqu’il y aura une petite Piece nouvelle, si elle est en trois Actes, la visite se fera pendant le premier ; si elle est en un Acte, ladite visite se fera pendant le cinquieme Acte de la grande Piece.         <br />
              <br />
                        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.thefrenchmag.com/TP-CF-1726-Reglement-pour-les-postes-de-la-Comedie-Francaise-8-mai-1726_a99.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Programme Colloque: L'Opéra, la Comédie-Française, l'Opéra Comique: approches comparées (1672-2010)</title>
   <updated>2010-11-20T16:10:00+01:00</updated>
   <id>https://www.thefrenchmag.com/Programme-Colloque-L-Opera-la-Comedie-Francaise-l-Opera-Comique-approches-comparees-1672-2010_a68.html</id>
   <category term="Conferences" />
   <photo:imgsrc>https://www.thefrenchmag.com/photo/art/imagette/2476491-3479368.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-11-12T16:38:00+01:00</published>
   <author><name>sc</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Opéra Comique, Salle Bizet 2, 3, 4 décembre 2010 Colloque international et interdisciplinaire organisé par l’Institut de recherche sur le patrimoine musical en France (CNRS/BnF/MCC) en collaboration avec l’École nationale des chartes et CESAR (Oxford Brookes University) avec le concours de l’Opéra Comique     <div><b>Perspective de recherche:</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.thefrenchmag.com/photo/art/default/2476491-3479368.jpg?v=1289579378" alt="Programme Colloque: L'Opéra, la Comédie-Française, l'Opéra Comique: approches comparées (1672-2010)" title="Programme Colloque: L'Opéra, la Comédie-Française, l'Opéra Comique: approches comparées (1672-2010)" />
     </div>
     <div>
      L’idée de ce colloque est venue d’un fait d’actualité. Au printemps 2009, l’Opéra national de Paris fait figurer dans les contrats des chanteurs engagés à l’Opéra Bastille ou au Palais-Garnier une clause d’exclusivité leur interdisant d’accepter au cours d’une même saison des productions scéniques dans d’autres théâtres lyriques parisiens. Cette mesure est particulièrement intéressante pour le chercheur car elle fait écho à des pratiques similaires et couramment répandues entre grands établissements culturels d’État sur une très longue durée – plus de trois cents ans.       <br />
              <br />
       Sous l’Ancien Régime, le système théâtral est à l’image de toute la structure sociale, fortement hiérarchisé. L’Opéra, qui jouit du statut d’académie dès son origine, y occupe la première place.       <br />
              <br />
       La Comédie-Française vient en second : elle est constituée par la troupe des « Comédiens ordinaires du roi », titre attribué également à la mort du Régent Philippe d’Orléans à la troupe de la Comédie-Italienne, qui forme le troisième théâtre privilégié. Si l’édifice privilégié s’effondre à la Révolution française, les trois théâtres continuent à jouer un rôle prépondérant dans la capitale et à entretenir des relations de complémentarité et de concurrence.       <br />
              <br />
       À la croisée de deux domaines de recherche trop souvent séparés – l’histoire institutionnelle et l’histoire des oeuvres – ce colloque international et interdisciplinaire se propose de susciter une réflexion collective sur l’histoire administrative et artistique des trois théâtres parisiens. Avec l’espoir que, de la confrontation et de la comparaison des données sur le temps long, ressorte une vision d’ensemble de la manière dont ces trois institutions théâtrales majeures dans le paysage culturel français ont conçu au fil des siècles leurs stratégies entrepreneuriales et artistiques en rapport les unes aux autres.       <br />
              <br />
       Solveig Serre
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Jeudi 2 décembre. Complémentarités et rivalités (14h–17h30)</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.thefrenchmag.com/photo/art/default/2476491-3479369.jpg?v=1289578910" alt="Programme Colloque: L'Opéra, la Comédie-Française, l'Opéra Comique: approches comparées (1672-2010)" title="Programme Colloque: L'Opéra, la Comédie-Française, l'Opéra Comique: approches comparées (1672-2010)" />
     </div>
     <div>
      Jérôme de La Gorce (Centre André-Chastel, CNRS/Université Paris-Sorbonne)       <br />
       L’Académie royale de musique et la Comédie-Italienne sous le règne de Louis XIV : deux entreprises de spectacles en rivalité ?       <br />
              <br />
       Sabine Chaouche (Oxford Brookes University)        <br />
       L’implantation des théâtres privilégiés à Paris : la question du lieu       <br />
              <br />
       Alessandro di Profio (Université François-Rabelais, Tours / IRPMF)       <br />
       Un pour tous, tous pour un. Quand les salles parisiennes font barrage contre un nouveau théâtre : le cas du Théâtre-Lyrique        <br />
              <br />
       Jacqueline Razgonnikoff (Bibliothèque‑musée de la Comédie‑Française)       <br />
       Triple coopération au xxe siècle : quand l’Opéra et l’Opéra‑Comique font danser et chanter la Comédie-Française       <br />
              <br />
       Laura Naudeix (Université Catholique de l’Ouest, Angers)       <br />
       Une production sans tradition : le cas d’Atys de Lully en 1987 et 1989
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Vendredi 3 décembre. Les institutions et leurs tutelles (10h–12h30)</b></div>
     <div>
      Pauline Lemaigre-Gaffier (Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne)       <br />
       Représentation théâtrale et cérémonial royal. Les spectacles de cour des théâtres privilégiés à l’époque des Lumières       <br />
              <br />
       Mark Darlow (University of Cambridge)       <br />
       L’effritement du privilège théâtral : les débats de 1789–1790       <br />
              <br />
       Michela Niccolai (Université de Montréal/Mc Gill University)       <br />
       « La jeunesse attend un directeur audacieux ». Albert Carré directeur à l’Opéra-Comique       <br />
              <br />
       Agathe Sanjuan (Bibliothèque-musée de la Comédie-Française)       <br />
       Patrimoines des théâtres
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Circulation des oeuvres et des artistes (14h–17h)</b></div>
     <div>
      Benjamin Pintiaux (École de danse de l’Opéra de Paris)       <br />
       Intertexte, circulation et inter-généricité dans les théâtres parisiens au début du xvıııe siècle : l’exemple de la tragédie en musique       <br />
              <br />
       Françoise Rubellin (Université de Nantes)       <br />
       Écrire pour tous les théâtres de Paris : le cas singulier de Louis Fuzelier       <br />
              <br />
       Emanuele De Luca (Università di Pisa ; Université Paris‑Sorbonne, Paris IV)       <br />
       La circulation des acteurs italiens et des genres dramatiques dans la première moitié du xvıııe siècle :       <br />
       un lien entre les théâtres parisiens       <br />
              <br />
       Françoise Dartois-Lapeyre (Université Paris‑Sorbonne, Paris IV‑IUFM)       <br />
       Danser à l’Académie royale de musique et à la Comédie‑Française au xvıııe siècle        <br />
              <br />
       Silvia Spanu (Université Paris-Sorbonne, Paris IV)        <br />
       Un « théâtre et un répertoire d’acteurs » : approche comparée du fonctionnement de la       <br />
       Comédie‑Italienne avec les autres salles parisiennes durant la seconde moitié du xvıııe siècle       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Samedi 4 décembre. Répertoires comparés (10h–13h)</b></div>
     <div>
      Maud Pouradier (Université Paris Ouest Nanterre La Défense)       <br />
       Académie royale de musique, Comédie‑Française et Opéra‑Comique : entre co-répertoires et contre‑répertoires       <br />
              <br />
       Damien Colas (IRPMF, CNRS/BnF/MCC)       <br />
       Autour du Comte Ory de Rossini (1828) : quelques réflexions sur le genre du petit opéra       <br />
              <br />
       William Weber (California State University, Long Beach)       <br />
       L’âge du répertoire de l’Opéra et de l’Opéra-Comique au xıxe siècle : une comparaison       <br />
              <br />
       Claire Paolacci (Université Paris 1, Panthéon-Sorbonne)       <br />
       L’Opéra et l’Opéra-Comique entre 1915 et 1945 : concurrence ou complémentarité ?       <br />
              <br />
       Cécile Auzolle (Université de Poitiers)       <br />
       La création lyrique à la RTLN (1936–1972)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La carrière des artistes et des oeuvres (14h–17h)</b></div>
     <div>
      Gillian Opstad (Bristol)       <br />
       Georgette Leblanc (1869–1941) : cantatrice, actrice, femme extraordinaire       <br />
              <br />
       Jean-Claude Yon (Université de Versailles‑Saint‑Quentin‑en‑Yvelines)       <br />
       Eugène Scribe, « trois fois chez lui »       <br />
              <br />
       Jean-Christophe Branger (Université Jean-Monnet, Saint-Etienne)       <br />
       Quand on déclame sur la scène de l’Opéra : du Freischütz (1841) de Weber et Berlioz à Bacchus (1909) de Massenet       <br />
              <br />
       Jérôme Pesqué (Rédacteur en chef d’ODB-Opéra)       <br />
       Figaro ici et Figaro là : Le Mariage de Figaro à la Comédie‑Française et Le Nozze di Figaro à l’Opéra Bastille pour le bicentenaire de la Révolution       <br />
              <br />
       Emmanuel Pedler (EHESS, Marseille)       <br />
       Les processus d’institutionnalisation des scènes lyriques : quelques questions sociologiques
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Comité scientifique :</b>       <br />
       Sylvie Bouissou (IRPMF-CNRS/BnF/MCC)       <br />
       Sabine Chaouche (Oxford Brookes University)       <br />
       Andrea Fabiano (Université Paris-Sorbonne, Paris IV)       <br />
       Denis Herlin (IRPMF-CNRS/BnF/MCC)       <br />
       Jérôme Pesqué (Rédacteur en chef d’ODB-Opéra)       <br />
       Solveig Serre (École nationale des chartes, IRPMF-CNRS/BnF/MCC)       <br />
       Agnès Terrier (Opéra Comique)       <br />
       Jean-Claude Yon (Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines)       <br />
              <br />
       Organisateurs :       <br />
       Sabine Chaouche, Denis Herlin, Solveig Serre       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.thefrenchmag.com/photo/art/default/2476491-3479473.jpg?v=1289578335" alt="Programme Colloque: L'Opéra, la Comédie-Française, l'Opéra Comique: approches comparées (1672-2010)" title="Programme Colloque: L'Opéra, la Comédie-Française, l'Opéra Comique: approches comparées (1672-2010)" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.thefrenchmag.com/Programme-Colloque-L-Opera-la-Comedie-Francaise-l-Opera-Comique-approches-comparees-1672-2010_a68.html" />
  </entry>
</feed>
