Sunday, September 9th 2012
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Exposition prolongée : costumes d’opéra, l’étoffe de la modernité. Noémie Courtès.





Maxime Dethomas, maquette de costume de faunes dans Sylvia (ballet de Léo Staats), 1919 © OnP/ Julien Benhamou
Maxime Dethomas, maquette de costume de faunes dans Sylvia (ballet de Léo Staats), 1919 © OnP/ Julien Benhamou
L’exposition poursuit le double but de faire voir la chronologie de l’art du costume à l’Opéra de Paris au XXe siècle tout en rendant hommage à ses ateliers dont le savoir-faire est reconnu depuis le siècle précédent. L’Opéra profite en effet d’un règlement de 1805 qui oblige les costumiers à déposer leurs projets auprès de l’institution pour conservation. A défaut des costumes anciens, dispersés en vente publique, les dessins, échantillons et dossiers documentaires sont ainsi préservés depuis lors. Aujourd’hui, la politique est en outre à la conservation des costumes, qui viennent enrichir une collection inestimable (à Moulins, au Centre national du costume de scène).

L’exposition s’articule en quatre grandes périodes : la fin du costume historique au tout début du XXe siècle, l’époque de Jacques Rouché (directeur de 1914 à 1945) et des costumes de peintres, l’Ecole de Paris au temps de la Réunion des théâtre lyriques nationaux, l’ère des metteurs en scène et de la mondialisation.

La présentation est à la fois très technique et extrêmement accessible, grâce à des explications riches et variées, à une présentation aérée (outre l’espace de la Bibliothèque-Musée, de petits groupes de mannequins sont dispersés ça et là dans l’Opéra) et à un choix judicieux de pièces du patrimoine. On peut ainsi comprendre clairement la différence entre un vrai vêtement et un costume de scène : des habits de cour du XIXe siècle somptueusement brodés furent en effet réemployés à l’Opéra en 1919 dans Goyescas de Granados. On peut également s’émerveiller devant l’ampleur du travail documentaire de certains créateurs : une vidéo présente la quête de la couleur, de l’étoffe, du plissé, etc. de Christian Lacroix pour Les Anges ternis (1987) de Karole Armitage. Surtout, on peut suivre la création d’un costume de son projet à sa réalisation, grâce en particulier à la robe de Turandot (Jacques Dupont, 1968) présentée dans tous ses avatars en plusieurs vitrines.

C’est un régal pour la vue, l’intelligence et l’imagination.

Paris, Palais Garnier, jusqu’au 30 septembre 2012.
Accès à l’exposition inclus dans le prix de la visite de l’Opéra Garnier.
Catalogue, petit mais très bien illustré, 20 €.
Beau site en ligne, avec une documentation sur les ateliers plus développée que dans l’exposition (photographies et vidéo) : http://expositions.operadeparis.fr/costumes
Dossier de presse en ligne : http://www.bnf.fr/documents/dp_etoffe_modernite.pdf
Site du musée du Centre national du costume de scène : http://www.cncs.fr/


Kenzo, maquette de costume pour La Flûte enchantée de Mozart 1999 Coll. BnF/ BmO © Opéra national de Paris/ Julien Benhamou
Kenzo, maquette de costume pour La Flûte enchantée de Mozart 1999 Coll. BnF/ BmO © Opéra national de Paris/ Julien Benhamou

Tutu rouge des Anges ternis (ballet de KaroleArmitage), d’après les maquettes de Christian Lacroix, 1987 © CNCS/ Pascal François Coll. CNCS /OnP
Tutu rouge des Anges ternis (ballet de KaroleArmitage), d’après les maquettes de Christian Lacroix, 1987 © CNCS/ Pascal François Coll. CNCS /OnP

Sabine Chaouche




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