Saturday, May 24th 2014
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Jeunes chercheurs: Dr Beya Dhraïef





Jeunes chercheurs: Dr Beya Dhraïef

Biographie

Ancienne élève de l’Ecole Normale Supérieure de Tunis, Beya Dhraïef a successivement travaillé sur le pétrarquisme ronsardien et la transposition des mythes antiques dans la poésie amoureuse avant d’élaborer un doctorat sur Cynisme et amoralité dans la comédie de Dancourt à Marivaux. Dirigée par le Professeur Jean-Paul Sermain, cette thèse est arrivée à soutenance le 21 juin 2011, à l’université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3. Le jury, qui attribua ses félicitations à la candidate, était présidé par le Professeur Pierre Frantz (Université de Paris Sorbonne) et composé des membres suivants : le Professeur Ali Abassi (Université de la Manouba), le Professeur Christian Biet (Université Paris X-Nanterre), le Professeur Claude Habib (Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3) et le Professeur Jean-Paul Sermain (Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris 3).

Auteure de plusieurs articles et communications sur la comédie fin-de-règne et la comédie nouvelle, Beya Dhraïef fut chargée de recherches à la société de production Fidélité. Elle a récemment traduit un recueil de poésie arabe et coorganisé, du 23 au 25 avril 2014, un colloque international sur « Théâtre et charlatans dans l’Europe moderne ».

Beya Dhraïef a enseigné le Français langue étrangère et les Lettres modernes à tous les niveaux du secondaire et en classe Préparatoire aux grandes Ecoles. Recrutée en tant que Maître Assistante de l’enseignement supérieur tunisien en septembre 2012, elle a été affectée à l’Université de Jendouba mais a fait le choix de renoncer à ce poste.

Communications et publications

- Janvier 2007 : Compte rendu sur Littérature tunisienne vers le renouvellement, paru dans Présence francophone, n°68, mars 2007, p. 191-194
- Avril 2007 : « Dufresny, précurseur du Drame », communication présentée dans le cadre du colloque Ecrire sur l’art, l’art d’écrire, organisé à l’ENS de Tunis du 5 au 7 avril 2007
- Mars 2009 : « Vices et vicissitudes de la sincérité dans les comédies de Destouches, Voltaire et Dufresny », dans Post-Scriptum, numéro 9, consacré aux Contradictions caractérielles, hiver 2009
- 16 mai 2009 : « Voix de dramaturges : la comédie après Molière », communication présentée à l’Université de Paris-Sorbonne, dans le cadre du colloque jeunes chercheurs sur Les voix/voies de l’auteur (1650-1850), parrainé par l’Université de Paris-Sorbonne et l’Oxford Foundation, du 15 au 16 mai 2009
- Mars 2010 : « La mauvaise foi des Sincères et la censure de la vanité », dans Coulisses, n°40, Jeux de rappels chez Marivaux, p. 67-82
- 4-5 juin 2010 : « Hypocrisies cruelles dans les comédies de Dufresny et de Marivaux », in colloque sur L’Imposture organisé à la maison de la Recherche par le CELLF 17-18, publication en novembre 2010 sur le site du CELLF.
- 2013-2014 : membre du comité d’organisation du colloque international : Théâtre et charlatans : un art de la mise en scène ? Ce colloque s’est déroulé à l’Université de la Sorbonne Nouvelle, les 23, 24 et 25 avril 2014.
- Traduction des Œuvres poétiques complètes de Moubarak ben Saïf Al-Thani (à paraître en 2014).

Position de thèse

Cynisme et Amoralité dans la comédie de Dancourt à Marivaux

Malgré l’inversion de la signification du cynisme, ses deux variantes conservent de troublantes accointances. Tout cynisme se montre : il s’exhibe par le dénuement exemplaire des ascètes comme par les possessions des parvenus. Le cynisme est donc ontologiquement théâtral. Par son association à la dérision des valeurs ou à celle de leur absence, il se rapproche plus spécifiquement de la comédie. Cynisme et comédie ont une même ambivalence en partage.

La relation des dramaturges à l’utile dulci s’est rarement révélée aussi complexe et évolutive qu’entre 1685 et 1750. Leurs postures par rapport à la place du rire et de la morale au théâtre influent sur leurs manières de représenter le cynisme et l’amoralité. Mais leur appréciation des arcanes des subversions morale et amorale détermine réciproquement la poétique de leurs comédies.

Dancourt, Lesage, Regnard et autres joyeux drilles couvrent de leurs sarcasmes une amoralité collective qu’ils dédaignent de corriger. En réaction à leurs provocations, leurs censeurs ligués dénoncèrent la corruption du théâtre et entreprirent sa réforme. La comédie se transforme notamment en chaire publique, grâce à l’action de Destouches qui substitue la moralisation au rire.

C’est en moralistes que Dufresny et Marivaux envisagent, en revanche, la genèse, les causes et les implications des travers moraux. Ils découvrent que, au siècle des Lumières, les ténèbres prévalent :
le Mal gangrène société, individus et langage. Sublimant leur pessimisme, leur désir d’y remédier les incite alors à évaluer, avec Delisle, la possibilité de restaurer le cynisme antique pour réenchanter leur monde.

Mots clés : cynisme, amoralité, comédie, ambivalence, hybridité.


Cynicism and Amorality in comedy from Dancourt to Marivaux

Inspite of the inversion of the meaning of cynicism, its two variants do preserve some disquieting affinities. All cynicism must make itself visible: it exhibits itself in the ascetic’s outstanding privation as much as in the parvenu’s gallery of possessions. Cynicism is then ontologically theatrical. Through its association with the mocking of values or with their absence, it shares closer ties with comedy. Both partake of the same ambivalence.

The dramatists’ relationship to the utile dulci has rarely shown itself to be a complex and evolving as in the period between 1685 and 1750. Their stances in connection with the place of laughter and morality in theatre bears strongly on the way cynicism and amorality are represented. Yet, their appreciation of the well-guarded secrets of subversions, whether moral or amoral, determines in turn their own comic poetics.

Dancourt, Lesage, Regnard and other wanton libertines screen with their sarcasm a collective amorality they are loath to redress. In response to their provocations, their consors united to denounce the theatre’s corruption and brace up for reform. Comedy, steps then into the pulpit owing to Destouche’s contribution substituting moralization for laughter. It is as moralists, however, that Dufresny and Marivaux conceive the genesis, causes, and implications of moral defects. They came to realize that in the Age of Enlightenment, darkness still prevailed: Evil corrupts society, the individual and language. The call for redemption, with the sublimation of pessimism it breeds steers them forth to evaluate, along with Delisle, the possibility of restoring classical cynicism in the aim of bringing enchantment back to their worlds.

Keywords: cynicism, amorality, comedy, ambivalence, hybridity.

UNIVERSITÉ DE LA SORBONNE NOUVELLE – PARIS 3
École doctorale 120 : Littérature française et comparée
17, rue de la Sorbonne, 2e
étage escalier, 75230 Paris Cedex 5

Sabine Chaouche



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