Sunday, May 6th 2012
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Mademoiselle Myrtille fait son cinéma




Le cabinet d’un psychiatre. On peut voir côté jardin son bureau sur lequel sont posés un téléphone (d’un style original), une pile de dossiers, un poste de radio et au centre du plateau un fauteuil, avec une chaise en retrait. Sergueï est légèrement efféminé. Il porte une blouse noire, un pantalon orange large, des baskets, des lunettes rectangulaires, un gant noir en tissu à la main droite. Il est assis et relit des notes. Il écoute « Carmina Burana » et bat la mesure avec sa main droite. On frappe.


Mademoiselle Myrtille fait son cinéma
Sergueï Rastropovitch
Il arrête la musique. Avec un accent anglais.
Oui ! Entrez ! Qu’est-ce donc !

Secrétaire
Elle est vêtue d’un tee-shirt et d’une jupe plissée. Elle est constamment fébrile.
Sergueï-Vladimir…

Sergueï Rastropovitch
Sans lever les yeux de ses notes
Non ! pas Sergueï ! Appelez-moi Madonna aujourd’hui…

Secrétaire
Ah bon pourquoi ?

Sergueï Rastropovitch
Levant la tête
Ça ne se voit pas ?…

Secrétaire
Si si, Madonna.

Sergueï Rastropovitch
Pourquoi me dérangez-vous lorsque je suis en plein travail ?

Secrétaire
En plein travail… Question de parler Docteur Madonna…parce que si vous voulez mon…

Sergueï Rastropovitch
La coupant brutalement
Il suffit mademoiselle Cépatézognone ! Un peu de discipline !
Il se lève et va chercher un nez de clown et un serre-tête avec oreilles de Minnie.
Pour vous punir de votre désobligeante remarque, veuillez vous mettre ceci sur la tête et cela sur le nez. Cela vous fera les pieds. Vous les porterez jusqu’à ce que mort s’en suive. Un peu d’humilité, ça ne vous fera pas de mal.
Elle obéit tristement.
La raison de votre crochet par mon bureau ?

Secrétaire
Mademoiselle Myrtille est arrivée.

Sergueï Rastropovitch
Ah ! Très bien qu’elle vienne ! Je l’attends de pied ferme !
Il se lève et attend près des chaises, une main sous le menton et se tenant le bras de l’autre main. Mademoiselle Myrtille entre. C’est une jeune femme timide et réservée. Elle porte une robe d’été rose bonbon, elle a des couettes.

Mlle Myrtille
Bonjour Docteur Rastropovitch !
Elle tend la main pour la lui serrer, il ne bouge pas d’un iota.
Comment allez-vous ?

Sergueï Rastropovitch
La regardant fixement et observant tous ses gestes.
Nous ne sommes pas ici pour parler de moi mais de vous, mademoiselle Myrtille, uniquement de vous !

Mlle Myrtille
Étonnée
Tiens vous avez abandonné l’accent russe pour l’accent anglais aujourd’hui ?

Sergueï Rastropovitch
Ne détournez pas la conversation mademoiselle Myrtille ! Vous devriez déjà avoir pris votre place. L’heure tourne je vous le rappelle. Et comme je vous l’ai dit mille fois mademoiselle Myrtille, l’heure tourne toujours plus vite pour ceux qui ne tournent pas rond.
Elle s’empresse de s’asseoir.

Mlle Myrtille
Je préférais le divan, c’était plus confortable.

Sergueï Rastropovitch
Il s’assoit à son tour.
Calez vos fessiers, mademoiselle Myrtille ! Vous n’êtes pas la tour de Pise que je sache ! Vous penchez vers la gauche ! Allons ! Serrez un peu plus des fesses ! et du ventre ! Étirez votre épine dorsale et piquez-la dix centimètres au-dessus de votre nuque…

Mlle Myrtille
Comme ceci ?

Sergueï Rastropovitch
Oui. Et votre tête ! Tirez-la un peu plus vers le haut… Attendez…
Il va chercher un sifflet et souffle dedans un grand coup ce qui fait instantanément redresser Mlle Myrtille.
Voilà ! Excellent ! Libérons l’amas d’ondes négatives qui s’est agglutiné dans vos chakras inférieurs ! La circulation énergétique est primordiale chez le bipède - à station verticale, cela va sans dire.

Mlle Myrtille
Faisant des efforts pour rester droite.
Je préférais être couchée Docteur Rastropovitch… C’était plus reposant…

Sergueï Rastropovitch
Et moi je préfère que vous gardiez la tête haute et en parfaite harmonie avec votre tronc mademoiselle Myrtille. L’afflux massif de sang au cerveau génère chez vous une somnolence perturbatrice qu’il est bon de tempérer. Donc tenez-vous droite ! Raide et fière comme la justice ! Vous avez besoin d’évacuer cette instabilité chronique qui vous gouverne Mlle Myrtille alors au travail ! Réglez votre fessier et arrêtez de vous balancer sur votre chaise !

Mlle Myrtille
Se redressant.
Comme vous voulez Docteur Rastropovitch ! Mais je préfère la position horizontale !

Sergueï Rastropovitch
La position horizontale n’est réservée qu’à certaines pratiques bien spécifiques qui n’entrent pas dans le cadre de cette consultation et qu’il serait oiseux, voire spécieux de développer. Comme je vous l’ai fait remarquer lors de notre dernier entretien, le plafond est une partie incolore et close de l’existence sur laquelle nous ne nous attardons jamais. Lors donc, j’en ai déduit qu’il est nuisible de la fixer car elle manque d’ouverture et de transparence, et par conséquent bloque l’inconscient dans les cavités spongieuses de l’encéphale - déjà - rétréci et flasque de mes patients. Regardez donc face à vous, oui, comme ceci, droit devant vous, vous y verrez une fenêtre.

Mlle Myrtille
Je ne vois rien ! Où est-elle ?

Sergueï Rastropovitch
Face à vous ! Fermez les yeux vous la verrez mieux.

Mlle Myrtille
Effectivement, ce qu’elle est grande ! Je peux l’ouvrir, il fait une chaleur ici !

Sergueï Rastropovitch
Très bien ! Attendez ! N’ouvrez pas tout de suite ! J’ai omis de prendre mon carnet de notes ! Je reviens dans un instant !

Mlle Myrtille
Criant
Oui mais j’étouffe ! Oh je n’en peux plus ! je vais me mettre toute nue !
Elle prend les bretelles de sa robe et s’apprête à l’enlever.
C’est insupportable !

Sergueï Rastropovitch
Revenant au pas de course avec un carnet et un crayon.
Voilà, voilà, j’arrive ! Vous pouvez sauter par la fenêtre si vous voulez ! Nous ne sommes qu’au rez-de-chaussée ! Vous ne risquez rien !

Mlle Myrtille
Ah vous m’avez sauvée la vie Docteur Rastropovitch ! Un peu de plus et je calcinais, je rôtissais dans ce cabinet ! Je peux ouvrir les yeux maintenant que je suis passée par la fenêtre ?

Sergueï Rastropovitch
Sèchement et faisant un geste comme s’il allait l’étrangler.
Ce n’est pas à vous de poser des questions Mademoiselle Myrtille, je vous l’ai dit cent fois ! Contentez-vous d’écouter votre thérapeute et il vous en saura gré !... Bon, continuons cette séance cinématographique. Tout se déroule parfaitement bien... À présent, pouvez-vous me dire ce que vous apercevez à votre gauche mademoiselle Myrtille ?

Mlle Myrtille
Tournant la tête vers la droite, ce qui fait grimacer le docteur en signe de « elle n’y arrivera jamais ».
C’est flou…

Sergueï Rastropovitch
Normal ! vous n’écoutez que d’une oreille mademoiselle Myrtille ! Pour réussir cette séance vous avez besoin de vos deux oreilles !
Se levant et dans l’oreille gauche.
(en remuant les lèvres seulement)
Entendez-vous ?…

Mlle Myrtille
Oui très bien je vous remercie !

Sergueï Rastropovitch
Se rasseyant d’un air dubitatif et Lui hurlant dans l’oreille droite.
Entendez-vous oui ou non ?

Mlle Myrtille
Qui ne sursaute pas
Inutile de crier je ne suis pas sourde !

Sergueï Rastropovitch
Mademoiselle Myrtille je suis abasourdi ! Vous êtes un cas tout à fait singulier et atypique. Voyez-vous, il semble que votre audition présente un dérèglement parallélique avancé. En effet il apparaît que le côté gauche est hyperactif contrairement au côté droit qui a tendance à se rétracter et à se paralyser lors d’une pression vocale extérieure et inhabituelle. Ceci est très intéressant… Ainsi vous êtes sans doute sujette à vivre dans la quatrième dimension. Vous vous réfugiez dans des mondes supra normaux internes à votre personnalité…… Entendriez-vous des voix par hasard ?

Mlle Myrtille
Voui Docteur Rastropovitch ! Tous les jours… Des fois ça n’arrête pas ! « Et pousse-toi de là que j’m’y mette », « Viens faire un p’tit tour à la maison », « les p’tites sont plus travailleuses », « viens me faire sauter les plombs », « Allume-moi le feu », « Rajoute une bûche », « Mets la saucisse dans la choucroute… », « je suis dans le pâté », « je suis tout ramolli », « mon train ne fait plus tchouf ! tchouf ! »… etc. etc.

Sergueï Rastropovitch
Se passant la main sous le menton, d’un air sadique.
Fort intéressant… des paroles évocatoires ou même invocatoires. Un appel à la…
Brusquement
Nous allons tenter de rétablir une harmonie en vous mademoiselle Myrtille ! Débarrassez-vous de vos dysfonctionnements biologiques qui nuisent à la bonne santé de votre cerveau ! Votre encéphale doit marcher des deux côtés, même si le côté droit, côté réservé à l’entendement et à la parole et côté du côté duquel je vous parle, doit être privilégié car il est plus propice aux déblocages mentaux ! Quant au côté gauche, qui est malheureusement le fait de l’hyperémotivité et d’une sensibilité maladive, nous le cajolerons de douces paroles ou d’images hallucinogènes afin qu’il s’apaise. Il serait, en effet, dangereux de le suréveiller. Reconcentrez-vous donc je vous prie. Je vous ai dit : « Faites pivoter votre tête côté gauche ».

Mlle Myrtille
Tournant la tête vers la gauche.
Ah ! voilà……
Elle penchera de plus en plus la tête, un sourire béat sur le visage.

Sergueï Rastropovitch
Cessez donc de pencher la tête mademoiselle Myrtille ! Vous allez un peu plus vous tordre l’esprit ! Nous avons déjà assez de mal comme ça à le redresser !

Mlle Myrtille
Qui n’écoute plus et qui penche de plus en plus.
Oh… ah…
Au bout de quelques secondes
Tiens donc ! ah ah… ! ça alors !……… oh c’est pas vrai !
Le Docteur donne des signes d’impatience du genre « qu’est-ce qu’elle fout », puis il regarde sa montre, claque de la langue dix fois. On voit Mlle Myrtille sourire et s’extasier.

Sergueï Rastropovitch
Claquant des mains à côté de l’oreille droite de Mlle Myrtille qui sursaute et lui passant la main droite sur le cou.
J’attends votre réponse mademoiselle Myrtille ! Le gong a sonné ! Si vous ne me donnez pas une réponse tout de suite vous risquez d’être tout bonnement éliminée.

Mlle Myrtille
Oh Docteur Rastropovitch c’était si kitsch ! Vous ne pouvez pas savoir…

Sergueï Rastropovitch
Et bien justement j’attends de savoir ! et de voir ! Racontez-moi tout de A à Z.

Mlle Myrtille
Ce que vous me demandez est très difficile Docteur Rastropovitch !

Sergueï Rastropovitch
Mais non, c’est simple comme bonjour ! C’est un jeu d’enfant !

Mlle Myrtille
C’est quand même dur de tout remettre en ordre !

Sergueï Rastropovitch
Je ne vous le fais pas dire ! Allons il faut vous assouplir mademoiselle Myrtille ! Vous êtes trop rigide… Détendez-vous donc !

Mlle Myrtille
Se ramollissant sur son siège.
Oui Docteur Rastropovitch… Ah ça fait du bien…

Sergueï Rastropovitch
Mademoiselle Myrtille ! Mademoiselle Myrtille ! Oh là ! oh ! oh ! Redressez-vous ! C’est à l’esprit à débander et non pas au corps.
Se levant et marchant en faisant des exercices de gymnastique. Pendant ce temps Mlle Myrtille se ramollit à nouveau.
Ainsi, s’il nous arrive de perdre l’esprit, nous ne devons pas perdre de vue notre corps, Mademoiselle Myrtille ! Ainsi par inadvertance, certains individus ont la tête dans les nuages alors que leur corps reste sur terre (d’où les difficultés à les maintenir en un seul bloc). D’autres prennent en bandoulière leurs jambes à leur cou, position des plus sottes et des plus inconfortables, et qui malheureusement ne peut être guérie que rarement…
Revenant sur terre et revenant s’asseoir.
Mais je m’éloigne de mon sujet ! Revenons à nos moutons mademoiselle Myrtille ! Le corps, s’il veut fonctionner correctement, doit toujours rester actif, même lorsqu’il est au repos ! Il doit être perpétuellement en état de veille ! Comprenez-vous ?

Mlle Myrtille
Comme l’ordinateur ou la télévision ? comme les écrans !

Sergueï Rastropovitch
C’est cela ! Vous me suivez parfaitement ! Le corps peut être comparé à un écran qui même éteint est allumé ! Ainsi j’affirme que le corps, qui est une machine présentant un éclairage interne alimenté par un système nerveux central, doit rester sous tension ! Il doit donc être tendu comme une arbalète !
Articulant et criant.
Comme une arbalète, c’est clair !

Mlle Myrtille
Se redressant et hurlant
Oui, très clair Docteur Rastropovitch ! Mais je suis fatiguée… Horriblement fatiguée ! J’ai envie de faire la sieste !

Sergueï Rastropovitch
Sèchement
N’abandonnez pas en chemin ! Vous me décevriez mademoiselle Myrtille ! Du nerf ! De l’acharnement ! Vous n’êtes pas ici pour faire preuve de réticence mais pour vous abandonner totalement entre mes mains… Me faites-vous confiance ? oui ou non ?

Mlle Myrtille
Oui Docteur Rastropovitch !

Sergueï Rastropovitch
Alors reprenons !

Mlle Myrtille
Oui Docteur Rastropovitch !

Sergueï Rastropovitch
Y êtes-vous ? Etes-vous concentrée ?

Mlle Myrtille
Oui Docteur Rastropovitch ! oui !

Sergueï Rastropovitch
Parfait ! Repassez-vous le film de vos périples... Faites rapidement une marche arrière en appuyant sur la touche ra-len-ti et revenez à votre point de départ ! Y êtes-vous ?

Mlle Myrtille
Elle refait à l’envers tous les gestes qu’elle aura fait durant la séance cinématographique.
Oui Docteur Rastropovitch !

Sergueï Rastropovitch
Bien ! Et maintenant appuyez sur pause et reprenez votre souffle… Observez…

Mlle Myrtille
Oui Docteur Rastropovitch !

Sergueï Rastropovitch
Et maintenant appuyez sur la touche accéléré et revenez à votre position finale ! C’est fait ?

Mlle Myrtille
Oui Docteur Rastropovitch !

Sergueï Rastropovitch
Vous avez vu ?

Mlle Myrtille
Oui Docteur Rastropovitch !

Sergueï Rastropovitch
Bon ! après ce rembobinage par induction puis par déduction, je reformule : racontez-moi tout de A à Z.

Mlle Myrtille
Faisant des efforts pour remettre les choses à leur place, elle tourne la tête en rond, puis dans tous les sens.
Ouf ! quel casse-tête ! C’est dur !

Sergueï Rastropovitch
Ne vous tracassez pas ! Comme vous vous montrez particulièrement docile aujourd’hui, je vous accorde un bonus de trois minutes et… dix-sept secondes, temps qu’il vous reste pour me raconter votre course à pied…

Mlle Myrtille
C’est gentil ! Je peux y aller ?

Sergueï Rastropovitch
Le docteur écrira haletant toutes les informations données par Mlle Myrtille.
……… Alors ? Vous attendez le déluge ?

Mlle Myrtille
Je ne sais pas !

Sergueï Rastropovitch
Soupirant et secouant la tête.
Vous êtes prête ?

Mlle Myrtille
Oui Docteur !

Sergueï Rastropovitch
Bien ! Attention ! À vos marques ? Prêt, partez !

Mlle Myrtille
D’abord doucement puis très vite.
Tout d’abord c’était de l’acrylique face à un arrière-train, auto-stoppeur dans une basoche. Puis surgit un bodhisattva mangeant une busserole capitulant dans le carton-pâte et une chènevotte face à un cheptel ! Ensuite des compitales crapahutent, avec un croquambouche accomplissant une défloraison suivie d’un écartèlement ! un exanthème, une fournée, un galetas, une gomme ! oui une gomme, une guillemet, une hélice, un poil d’hirsutisme… Soudain un homard, immature ipso facto kaki kinesthésique, larynx, latiniste maugrée d’un métal mythique. Une nagaïka nodale, offset, parle à une parodontite, parpaillot pneumogastrique !, quantique ! Un quolibet, un petit ravioli, russe, accompagnés d’un serre-joint subsidiaire, tartrique, testis unus, testis nullus, et d’un têtard, crient devant des testicules unidirectionnels et unipétales. Il y a vade-mecum sur le vermifuge volcanique, en plein western xyloïde…

Elle est coupée par la secrétaire qui entre affolée (avec nez de clown et cerceau avec oreilles de Minnie).

Secrétaire
Madonna ! Madonna !

Sergueï Rastropovitch
Furieux
Deux petites minutes Mlle Cépatézognone !

Secrétaire
Madonna !!
Grimaçant et montrant la porte du doigt, le Docteur lui fait un signe de la main d’attendre. D’une voix étouffée par la peur
Madonna c’est urgentissime !

Mlle Myrtille
Ouvrant les yeux et regardant autour d’elle
Que se passe-til ?

Sergueï Rastropovitch
Oh non ! Elle allait se débloquer ! Oh la Oh ! Hu dada ! Hu !
On entend une voix dans le couloir qui fait pâlir et paniquer les trois protagonistes. Ils courent partout pour se cacher .

Voix 1
Infirmier !

Seconde Voix
Infirmier !

Sergueï Rastropovitch
Vite, sauve qui peut ! le Maréchal-ferrand !
Ils s’enfuient les trois par le balcon.

Voix 1
Trouvez-moi ces trois patients ! Ils n’ont pas pu s’envoler tout de même !

Voix 2
Trouvez-moi ces trois patients ! Ils n’ont pas pu s’envoler tout de même !

Le docteur Rastropovitch
Elle porte une blouse noire, un pantalon orange large, des lunettes rectangulaires. Entrant dans son bureau, suivie d’un patient qui répète tout et reproduit ses gestes. Il a une robe rose bonbon et des couettes. Ce sont les acteurs précédents.
Ça suffit Myrtille !

Voix 2
Ça suffit ! Oh ! Ça suffit !

Le docteur Rastropovitch
Allant vers son bureau
Ils ne sont pas là !

Myrtille
Ils ne sont pas là…

Le docteur Rastropovitch
Bon qu’est-ce que je fais…

Myrtille
Bon qu’est-ce…
Le docteur s’est retourné et a levé la main. Dès qu’il se retourne
Que je fais…

Le Docteur Rastropovitch
Elle soupire et se retient de le frapper. Énervée
Ah si je les attrape ! Ils vont passer un mauvais quart d’heure !

Myrtille
Ils vont passer un mauvais quart d’heure !
Ah si je les attrape !

Le Docteur Rastropovitch
Ce sera un tout autre langage !

Myrtille
Ce langage sera tout autre !

Docteur Rastropovitch
Attention Myrtille je vais me fâcher !

Myrtille
Je vais me fâcher My-Myr Myrtille ! attention !...

Docteur Rastropovitch
Il suffit Myrtille !

Myrtille
Suffit, suffit, il suffit Myr…!

Docteur Rastropovitch soupirant
Mais en quelle langue faut-il que je parle !

Myrtille
Mais en quelle langue ! Mais ! Mais ! Mais !
Mais en quelle langue !

Docteur
Exaspérée et allant à une armoire suivie de Myrtille, préparant une seringue
Bon, tout d’abord… Je vais lui donner

Myrtille
Bon …… Je vais…. tout d’abord … lui donner… le lui donner donner le la lui donner la…

Docteur seringue à la main
La ferme !

Elle pique Myrtille qui se ramollit et tombe à terre. Le docteur le traîne et l’assoit sur la chaise. Elle va s’asseoir à son bureau et relit des notes. Elle écoute « Carmina Burana » et bat la mesure avec sa main droite et chantonne gaiement. On frappe.

Rideau



© SC

Sabine Chaouche



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