Thursday, April 25th 2013
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Trois Monologues pour femme seule - N°2 - Home suicide, Sweet suicide





(c) S. Chaouche
(c) S. Chaouche
(décor : un fauteuil confortable)
(la comédienne fera toutes les voix ; mais la voix-off fera parfois celle de Paul Naraf, avec accent méridional, et la voix-off 2, celle de Dutronc)


(Lili assise dans son fauteuil, nonchalante, lumière feutrée) Hier soir, j’ai eu une petite envie de suicide. Oui je vous jure ! On ne le dirait pas comme ça. N’est-ce pas ? Je suis jeune, je suis belle, je suis exceptionnelle !… Et ce qui est drôle, c’est que cette petite envie de suicide s’est transformée en une énorme envie de meurtre. Exactement comme quand vous avez envie d’une petite douceur, vous voyez ? Cela vous démange, ça grandit, vous n’en pouvez plus. (se levant et arpentant la scène) C’est plus fort que vous. Alors vous cédez à la tentation. Vous ressortez de la pâtisserie avec un gâteau pour dix personnes et vous l’avalez en trente secondes. De longues heures d’angoisse et de combat pour dix petites secondes de plaisir…

Que disais-je ?…

Ah oui ! Je n’ai plus toute ma tête depuis que… Dominique… Pourquoi m’as tu fait ça ? Depuis... Qu’est-ce que je vais devenir… Je n’arrête pas de me la passer Lara ! « Je t’aime… Je t’aime… » Je t’aime putain, déconne pas avec mes sentiments ! C’est pas sympa. Reviens ! « Je t’aime… Je t’aime… la la la comme une star de cinéma » Je n’arrête pas de la chanter en boucle !... De la gazouiller, de la roucouler, de la miauler, de la bramer exprès pour toi. Je la chante sur tous les tons. De jour comme de nuit. Dès que je m’assoupis, je me relève pour aller chanter sur mon balcon. Des fois que tu m’entendrais ! Que je réussirais une transmission de pensée.

(Lili se cale dans son fauteuil) L’autre jour j’étais triste à mourir. J’ai pris des comprimés. Tu sais ceux que tu aimais tant. Ceux qui ont un dessin dessus. Tes « bonbons la jouissance », tes « smarties », « tes cachous » comme tu les appelais affectueusement. Tes décontracturants. Tes petits cachetons à ne prendre qu’en cas d’ab-so-lue né-ces-si-té. Ceux que tu ne voulais pas que je touche et que tu t’enfilais en douce. Tu étais toujours gai quand tu en prenais. Tu les cachais mais je les ai retrouvés… coincés entre deux soucoupes... Il en restait quatre. Alors je les ai tous avalés. D’un coup ! Sans hésiter ! Effectivement j’étais bien après. Très bien même. La pilule est mieux passée. Alors je me la suis fait péter Lara !... Eh, je voyais les notes en live ! Je chantais à tue-tête ! J’avais le cœur en fête ! La tête dans les nuages ! Dans le rose complet !

Je ne sais pas pourquoi mais les flics sont venus. Ils ont sonné.

J’ai ouvert.

L’un d’eux s’est présenté accompagné de son partenaire.

(Lili se lève ; elle aura tantôt une voix empâtée, tantôt ultra excitée au cours de la scène lorsqu’il s’agira d’interpréter son propre personnage dans les dialogues ; voix normale quand elle s’adresse parle au public ou parle à elle-même).
(Paul Naraf : accent marseillais très prononcé ; Dutronc : accent parisien)

— Voix-off : Brigadier chef Paul Naraf.
— Voix-off 2 : Adjudant Jacques Dutronc.
(avec des yeux de merlans frits). Je me suis dit : « Quel casting ! je suis en veine ! Ça alors ! qu’est-ce qu’ils ont changé ! Dutronc sans lunettes ! Barbu ! Polnareff joufflu ! qu’est-ce qu’ils ont engraissé !… Finir gendarmes après la carrière qu’ils ont faite ! C’est triste… ! » J’attendais qu’ils me fredonnent un petit air. Quelque chose quoi… Je les ai encouragés :
— Ne soyez pas timides ! Alors ?
Ils semblaient contrariés. Dutronc a regardé Polnareff étonné, puis m’a demandé :
— Nous pouvons entrer ?
— (gracieusement) Bien sûr !
Un concert privé, rien que pour moi ? Quelle chance ! Dès qu’ils ont franchi le pas de la porte, je leur ai menti, histoire de les mettre en confiance :
— J’ai tous vos disques ! Je passe mon temps à vous écouter à la radio. (pour faire plus vrai) Enfin… à Radio Nostalgie. Vous êtes mes idoles ! Je suis une fan de la première heure vous savez ! C’est simple : je vous aime ! Je vous adore !

Ils paraissaient atterrés. Interdits. Ils ont plissé les yeux, comme pour me sonder. Polnareff a grimacé.
— (avec un accent marseillais très prononcé) On ne se moque pas de la gendarmerie nationale c’est compris ?
— Ok ok…
(à part) « Oh la la… Polnareff… qu’est-ce qu’il est mauvais ! Un vrai pitbull ! Il aurait dû rester caniche ! » Au bout d’une seconde j’ai compris. Il y avait un « hic ».
— (affablement) Vous vous êtes fait couper les cheveux récemment?
— (sèchement) Ça vous regarde ? En voilà des façons ! Pas de familiarité avec la gendarmerie nationale !
Mais j’ai insisté. Je voulais éclaircir ce mystère :
— Avant vous n’étiez pas du style hippy ? babacool ? Moutonné ? Frisé ? Permanenté ? (en riant niaisement) Je suis sûre que vous aimiez la fumette hein ?
— Attention à ce que vous dites ! Surveillez votre langage ! Ou je vous colle au trou ! Je ne plaisante pas moi !
— Mais enfin c’était juste pour…
— Et si nous passions aux choses sérieuses maintenant, a ajouté Dutronc.
Il venait d’inspecter le salon. Il était planté devant la chaîne stéréo, observant mes disques. Je croyais qu’il voulait chanter. Faire un karaoké.
— Faites comme chez vous! Le micro se trouve sur votre gauche. Allez-y c’est permis !
— Pas en service.
— Mais il marche je vous assure !
— Je n’en doute pas ! Mais… Plus tard !
— Allons… Chantez ! Ne faites pas l’idiot ! Ne soyez pas embarrassé… Je sais que vous êtes excellent interprète. Vous n’avez rien à prouver. Et puis d’abord qui va vous en empêcher… Hein ? Ce n’est pas interdit par la loi de…
Polnareff est remonté au créneau.
— (aboyant) Pas en service !!! Est-ce que c’est clair !!!
L’autre s’est approché. Ils m’entouraient, me fixaient, m’hypnotisaient (Lili se repliant sur elle-même)
Voix-off : Oui comprenez-vous que nous nous sommes ici pour d’autres raisons…
Voix-off 2: Et vous savez lesquelles…

Voix-off : Avouez…
Voix-off 2 : Oui dites-le nous…

Voix-off : …Répondez-nous !
Voix-off 2 : Ouvrez la bouche !

Voix-off : …Ne restez pas muette…
Voix-off 2 : Les bras ballants !
Voix-off : …Comme une carpe !
Voix-off 2 : Je répète…

Voix-off : Au cas où…
Voix-off : Est-ce clair ?
Lili (avalant sa salive) : Oui… oui… c’est clair… Parfaitement clair.

J’ai pensé : « Ils sont drôlement devenus sérieux tous les deux. Après la vie qu’ils ont menée ! Ils sont gonflés tout de même ! ». En tous cas, bel échange ! Quel match verbal !
— Mais au fait, qui gagne ? Qui est aux commandes ?
— Mais qu’est-ce qu’elle nous chante encore ?
— (protestant vivement) Je ne chante rien ! Vous le voyez bien !. Mais il faut bien que je sache qui de vous deux a le service ?
— Est DE service vous voulez dire ?
— Oui peut-être ! inutile de jouer sur les mots ! De pinailler pour une petite faute de syntaxe ! Ce n’est pour une erreur d’appréciation que vous allez me coller un carton ! Une petite infraction aux règles ce n’est pas bien méchant… hi hi hi ! je ne vais pas, pour si peu, me passer la corde au cou ! hi hi hi !

Dutronc a secoué la tête tandis que Polnareff se mettait les poings sur les hanches. (se penchant, tendue, la mâchoire contractée, la lèvre inférieure avancée) :
— C’est fini oui !!! Vous avez la langue bien pendue mademoiselle ! Je vous le dis une dernière fois très calmement : on ne joue pas avec les forces de l’ordre !
— Mais…
— Ne jouez pas au plus fin avec nous ou je vous emmène directement au poste pour IN-SU-BOR-DI-NA-TI-ON !!!

Alors là il m’avait vexée. Insubordination ! Insubordination !!! Qu’est-ce qu’il aurait voulu que je dise ? « qui de vous deux qu’il est DE service » ? Bonjour la phrase tarabiscotée ! J’avais envie de lui dire : « Eh Polnareff cause français ! »
— (Hautaine) Mais rassurez-vous, je connais très bien les règles ! Ce n’était qu’un accident ! un petit trou de mémoire si vous voulez tout savoir ! Je… Je différencie très bien la complétive de l’intégrative, la percontative de la relative. Je suis donc parfaitement en mesure de déterminer ce qui est congru de ce qui ne l’est pas !

Il s’impatientait. Transpirait à grosses gouttes. Devenait cramoisi. Mais j’ai poursuivi. (dédaigneuse) Et puis d’abord je suis prof.!… Agrégée de Lettres même !
— Et moi je suis le brigadier en chef…
— Michel Polnareff !
Polnareff écumait et s’épongeait le front.

Voix-off : Paul ! Pas de prénom composé s’il vous plaît !!
Lili : Paul… Polnareff alors ? Vous êtes sûr ?
Voix-off : Certain !!
Lili : Non… vous voulez me faire tourner en bourrique hein ? Je n’invente rien ! Je sais que c’est Michel !…
Voix-off : Paul !!!
Lili : Petit farceur !
Voix-off (beuglant) : Paul ! Paul Naraf !!! .
Lili (haussant les épaules) : Ben ! C’est pas ce que j’avais dit tout à l’heure ?... Paul Polnareff.
Voix-off : Vous êtes idiote ou quoi ? Paul Naraf c’est tout !
Lili : Ok ! si vous insistez. J’ai compris ! Polnareff, tout court ! Mais pourquoi ne voulez-vous que je vous appelle Michel ? C’est un beau prénom ! « Je m’appelle Michèle tam tam… ». Ah j’y suis ! C’était votre prénom de scène n’est-ce pas ? ah ! ah !! ah !!! Mais alors c’est quoi votre prénom ?
Voix-off : Mais je crois que vous êtes complètement fada ma pauvre demoiselle ! Qu’est-ce que vous avez pris ? Pastis ou whisky ?
Lili : Non ! Juste quelques prozac… Pour avoir le moral !

Polnareff a alors entamé un interrogatoire.
— Qui est-ce qui vous les a prescrits ces médicaments?
— Heu je ne sais pas… Je ne sais pas d’où ils viennent d’ailleurs…
— Comment ça vous ne savez pas ?

Je me suis grattée la tête ne sachant quoi répondre. Comment aurais-je pu savoir leur provenance ? Je n’allais pas lui dire que je les avais trouvés dans le buffet !
(levant les épaules en signe d’impuissance).
Lili : Heu… Heu c’est que… le… enfin je…
Voix-off (inquisiteur) : Vous ne vous rappelez plus ? Alors ?
J’ai abdiqué. Craché le morceau.
Lili : À la cuisine. Dans un rayon. Entre deux soucoupes.
Voix-off (apitoyée) : Vraiment ?…
Lili : Oui.
Voix-off : Ah ! je ne crois pas cela soit possible voyez-vous !
Lili (les larmes aux yeux) : Si c’est vrai je vous jure ! Je ne suis pas une voleuse… ni une menteuse !
Lui et son collègue ont pris des mines de chien battu. Dutronc a sorti un carnet et a commencé à prendre des notes. Polnareff a repris gentiment.
— Allons je le sais bien que vous êtes honnête. Moi je vais vous le dire où vous les avez pris ? La pharmacie ?
— (souriant bêtement). Peut-être bien que oui...

Son collègue griffonnait furieusement sur son bloc note. C’était stressant ce bruit de raclure. J’avais envie de le lui arracher et de le jeter à la poubelle.
— Détendez-vous… Bon. Reprenons. Qui vous les a prescrits ces médocs ?
J’étais dans de beaux draps ! Je ne savais plus comment m’en sortir.
— (timidement) Euh… mmm… Mon psy. ?
— Ah !… je vois… Dans ce cas…
Il a rangé le carnet dans sa poche.
— Et vous lui en avez parlé à ce bon monsieur ?
— De quoi ?
— Des effets secondaires pardi !…
— Oui oui !
— Et il a continué à vous faire les mêmes prescriptions. Tiens donc ! Dites-moi donc son nom à ce bon docteur.
— Mais… mais… mais… mais…
— Vous ne vous rappelez plus ?
— Non. Non. Non non ! non !!
J’étais à court d’idée. Tétanisée. Sur le point de craquer. De tout avouer. Dutronc m’a prise par les épaules et m’a regardée droit dans les yeux.
— Et nous qui sommes-nous ? Nous vous disons quelque chose tout de même…
L’autre a ajouté :
— Vous vous rappelez de nous ? Hein ?

(au public) Alors c’était ça ! Le sujet revenait sur le tapis ! Tout cet interrogatoire pour en arriver là ? Qu’est-ce que les stars peuvent être capricieuses. Maniérées. J’ai pris mon plus beau sourire. J’ai voulu faire diligence. Profil bas. Œuvre de charité. Je me suis montrée très tendre avec eux.

— Tout le monde vous connaît je vous rassure… Personne ne vous a oubliés. Je sais ça doit être dur pour vous d’être dans la… purée… Enfin d’être policiers ! De ne plus être au sommet des hits ! Mais ce n’est qu’une mauvaise passe. Vous vous en sortirez ! Ne vous inquiétez pas. Entre amis on se serre les coudes n’est-ce pas ? Avec Paul Polnareff comme boute-en-train… Mais vous dites-moi, depuis quand ne vous la jouez-vous plus solo ?

Polnareff a relevé sa casquette. Il était rouge écrevisse :
— Ne me poussez pas à bout…
— Notre patience a des limites !
— Ce n’est pas parce que vous êtes sous antidépresseurs qu’il faut mépriser notre métier !
Ça alors ! Je me suis dit : « Ils ont pris la grosse tête depuis qu’ils sont flics ces deux-là ! Franchement il n’y a vraiment pas de quoi ! Je préférerais être célébrité nationale plutôt que poulet de quartier. »
Polnareff a agité les menottes sous mon nez :
— Pour vous neutraliser si vous insistez !
Dutronc a enchaîné :
Pour vos petites quenottes si vous nous insultez !
Voix-off : On vous fera expier !
Voix-off 2 : On vous fera payer !
Voix-off : Et ça douille !
Voix-off 2 : On va vous faire casquer pour injures !
Voix-off : C’est tout ce que vous allez récolter !
Voix-off 2 : Si vous continuez sur cette voie…
Voix-off : Vous aurez une belle prune !
Voix-off 2 : Une belle amende !
Voilà maintenant qu’ils parlaient fruits secs et fruits du verger ! Je me suis dit : « Qu’est-ce qu’il a Dutronc à faire l’écho ? Je sais bien qu’ils forment un duo mais tout de même ils pourraient éviter de parler en canon ! » Je suis restée silencieuse. Dutronc a alors regardé sa montre puis a fait un signe à Polnareff qui a aussitôt déclaré :
Voix-off : Bon je vois que vous vous montrez un peu plus compréhensive. Alors trêve de plaisanterie. Passons aux choses sérieuses. Mademoiselle, vous êtes source de nuisance sonore.
Lili : Ah bon ?
Voix-off : Oui mademoiselle ! Vous enquiquinez les voisins. À beugler vous ameutez tout le quartier.
Lili : Comment ça ?
Voix-off : Vous assourdissez vos voisins !
Lili : Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire à dormir debout ?
Voix-off : C’est juste ! mademoiselle ! Plus personne ne dort à cause de votre raffut !
Lili : Quoi ?
Voix-off : Nous prévenons gentiment. Il faudra mettre les « haut-là » à votre radio crochet journalier ! Vous m’avez entendu ?
Lili : Oui…
Voix-off : Plus de Lara Fabian.
Lili : Ah bon…
Voix-off : Plus de karaoké !
Lili (levant les yeux au ciel et serrant les poings ; hurlant) : Ils n’ont qu’à se boucher les oreilles !…
Voix-off : Allons !
Lili : …se mettre des boules Quiès !
Voix-off : Pas de rébellion… Où je vous en colle une !
Lili : Essayez donc un peu pour voir !
Voix-off : Ne recommencez pas je vous prie !
Lili : Je vous poursuivrai en justice !
Voix-off : Impertinente !
Lili : Je porterais plainte pour coups et blessures…
Voix-off : Mais vous êtes vraiment maboule !
Alors l’autre lui a emboîté le pas. Très synchro. C’était du genre symphonie à deux voix (l’actrice fera toutes les voix ou on adoptera le système des voix-off):
— Toc-toc !
— Cinoque !
— Dingue !
— Louftingue !
— Idiote !
— Loufoque !
— Marteau !
— Barjot !
— Gogole !
— Mongole !
— Sonnée !
— Piquée !
— Cinglée !
— Givrée !
— Tarée !
— Siphonnée !
— Pétée !
— Aliénée !
— Détraquée !
— Déséquili…
(Braillant en prenant la posture du « Cri » de Munch, les mains collées sur les oreilles, une expression d’horreur plaquée sur le visage) :
STOP ! STOOOOOOOOP !!!! pitié !!!!!!…….
Voix-off : Respectez vos voisins est-ce clair! C’est bien entré dans votre petite cervelle ? Plus de chant diurne ! Plus de chant nocturne !
Lili : Mais… mais… mais…
Voix-off : Nous ne voulons plus entendre parler de vous et même vous entendre tout court ! Est-ce clair ?
Lili : Mais…
Voix-off : Sinon nous vous ferons enfermer !
(s’accrochant au brigadier et l’implorant du regard).
Voix-off : Bon ça passe cette fois-ci ! Je vous laisse une seconde chance ! Mais il faudra me prouver votre bonne foi…
Lili : Tout de suite !
Je me suis relevée et j’ai couru chercher les disques. J’ai failli tout faire tomber.
Lili : Voilà prenez tout !
Voix-off 1 : Mais qu’est-ce que vous voulez que je fasse de ça !
Alors je me suis tournée vers Dutronc :
Lili : Et vous ?
Voix-off 2 : Jamais pendant le service.
Lili : Mais je croyais que vous étiez dingue de musique ?
Voix-off 2 : Mais qui vous a mis cette idée en tête ?
J’étais vraiment consternée. Un si grand artiste ! En arriver à ce point là !
Voix-off : Bon assez parlementé. Nous n’avons pas que ça à faire ! Mademoiselle que cela soit clair ! Plus de musique ! Plus de piaillerie ! Faites-vous la plus petite possible ! De la discrétion ! Allez, laissons cette pitchounette méditer ces bonnes paroles et allons boire la pastaga ! J’ai une soif !
Lili : Je vous raccompagne.
Ils ont tourné les talons et je leur ai ouvert la porte.
— Sur ce… Mademoiselle, nous vous souhaitons un prompt rétablissement. Au revoir.
— Au revoir mademoiselle.
— Au revoir…
Sitôt la porte refermée je suis allée me jeter sur le canapé. Quelle après-midi ! Plus question que je reprenne un smily de ma vie ! cure de jouissance ! cure de jouissance ! À d’autres !

Sabine Chaouche



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